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cas, il n’est souvent pas tenu compte de leur intérêt supérieur, et il est fort probable
qu’ils soient expulsés vers le pays qu’ils avaient fui.
52. Le risque qu’ils soient privés de liberté est élevé. Les enfants sont parfois
détenus au motif de les protéger contre les risques d ’enlèvement et de traite, afin de
retrouver leur famille ou d’étudier les possibilités de retour dans leur pays d’origine.
La détention de ces enfants, qui n’est jamais dans leur intérêt, est une punition
supplémentaire dont les prétendus objectifs peuvent être atteints par d ’autres
moyens.
53. En attendant d’être fixés sur leur sort, de nombreux enfants sont victimes
d’humiliations, d’attaques physiques et d’atteintes sexuelles. Dans de nombreux cas,
ils n’ont accès ni à un organisme de protection de l’enfance, ni à une procédure de
détermination de la protection qui tienne compte des disparités entre les sexes et de
l’âge de l’enfant, ni à un avocat et à des informations sur leurs droits, et ignorent
souvent comment obtenir réparation pour les actes de violence dont ils ont été
victimes.
54. Souvent, les enfants en déplacement vivent dans la peur, l ’anxiété et la
panique, souffrent de dépression, de troubles du sommeil et de problèmes de santé
mentale, et présentent un plus grand risque d’automutilation et un sentiment de
découragement accru, qui ont une incidence profonde sur leur développement et
leur bien-être.
55. Ces enfants sont totalement laissés pour compte. Pour eux, le monde imaginé
dans le Programme 2030 semble distant et illusoire. Il est urgent que la violence
constante qui a marqué leur parcours cesse pour qu’ils puissent enfin mener une vie
dans laquelle leurs droits seront garantis.
56. Il s’agit là de la principale inquiétude soulevée par les experts lors de la
consultation organisée à Mexico en juin 2017 par la Représentante spéciale et
l’Universidad Iberoamericana, en coopération avec les partenaires de l ’ONU, des
universitaires, la société civile et des associations locales.
57. Les participants à la consultation se sont particulièrement intéressés aux
moyens de garantir l’intérêt supérieur des enfants en déplacement. Il doit être
l’élément prioritaire de toutes les décisions portant sur un enfant, notamment à son
arrivée dans un pays de transit ou de destination, lors des procédures
d’identification et d’enregistrement et de celles nécessitant de tenir compte du point
de vue de l’enfant, et lorsque qu’un retour dans le pays d’origine ou l’expulsion
d’un membre de la famille est envisagé.
58. Il faudrait également que les enfants soient informés de leurs droits et des
garanties juridiques dont ils bénéficient à chaque étape, qu’ils aient accès à des
informations à leur mesure et qu’ils soient véritablement consultés pour toute
décision les concernant, notamment lorsqu’il s’agit de poursuivre en justice les
auteurs des violences dont ils ont été victimes.
59. Il est essentiel de protéger l’intérêt supérieur de l’enfant pour conduire une
procédure d’évaluation de l’âge qui soit sûre et à sa mesure, tout en tenant compte
des disparités entre les sexes, ainsi que de la culture de l ’enfant. Ce type de
procédure ne doit avoir lieu que lorsqu’il existe une raison valable de douter de son
âge. Elle doit être menée par une équipe multidisciplinaire de professionnels
disposant d’une formation solide, respectueux de la dignité de l’enfant et conscients
des traumatismes qu’il aurait déjà pu avoir subis. En cas de doute sur leur âge, les
enfants devraient bénéficier de la protection spéciale à laquelle ils ont droit.
60. Il est particulièrement important de garantir l’intérêt supérieur de l’enfant
lorsque celui-ci est non-accompagné ou séparé de sa famille. Il est essentiel de
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