A/72/275 cas, il n’est souvent pas tenu compte de leur intérêt supérieur, et il est fort probable qu’ils soient expulsés vers le pays qu’ils avaient fui. 52. Le risque qu’ils soient privés de liberté est élevé. Les enfants sont parfois détenus au motif de les protéger contre les risques d ’enlèvement et de traite, afin de retrouver leur famille ou d’étudier les possibilités de retour dans leur pays d’origine. La détention de ces enfants, qui n’est jamais dans leur intérêt, est une punition supplémentaire dont les prétendus objectifs peuvent être atteints par d ’autres moyens. 53. En attendant d’être fixés sur leur sort, de nombreux enfants sont victimes d’humiliations, d’attaques physiques et d’atteintes sexuelles. Dans de nombreux cas, ils n’ont accès ni à un organisme de protection de l’enfance, ni à une procédure de détermination de la protection qui tienne compte des disparités entre les sexes et de l’âge de l’enfant, ni à un avocat et à des informations sur leurs droits, et ignorent souvent comment obtenir réparation pour les actes de violence dont ils ont été victimes. 54. Souvent, les enfants en déplacement vivent dans la peur, l ’anxiété et la panique, souffrent de dépression, de troubles du sommeil et de problèmes de santé mentale, et présentent un plus grand risque d’automutilation et un sentiment de découragement accru, qui ont une incidence profonde sur leur développement et leur bien-être. 55. Ces enfants sont totalement laissés pour compte. Pour eux, le monde imaginé dans le Programme 2030 semble distant et illusoire. Il est urgent que la violence constante qui a marqué leur parcours cesse pour qu’ils puissent enfin mener une vie dans laquelle leurs droits seront garantis. 56. Il s’agit là de la principale inquiétude soulevée par les experts lors de la consultation organisée à Mexico en juin 2017 par la Représentante spéciale et l’Universidad Iberoamericana, en coopération avec les partenaires de l ’ONU, des universitaires, la société civile et des associations locales. 57. Les participants à la consultation se sont particulièrement intéressés aux moyens de garantir l’intérêt supérieur des enfants en déplacement. Il doit être l’élément prioritaire de toutes les décisions portant sur un enfant, notamment à son arrivée dans un pays de transit ou de destination, lors des procédures d’identification et d’enregistrement et de celles nécessitant de tenir compte du point de vue de l’enfant, et lorsque qu’un retour dans le pays d’origine ou l’expulsion d’un membre de la famille est envisagé. 58. Il faudrait également que les enfants soient informés de leurs droits et des garanties juridiques dont ils bénéficient à chaque étape, qu’ils aient accès à des informations à leur mesure et qu’ils soient véritablement consultés pour toute décision les concernant, notamment lorsqu’il s’agit de poursuivre en justice les auteurs des violences dont ils ont été victimes. 59. Il est essentiel de protéger l’intérêt supérieur de l’enfant pour conduire une procédure d’évaluation de l’âge qui soit sûre et à sa mesure, tout en tenant compte des disparités entre les sexes, ainsi que de la culture de l ’enfant. Ce type de procédure ne doit avoir lieu que lorsqu’il existe une raison valable de douter de son âge. Elle doit être menée par une équipe multidisciplinaire de professionnels disposant d’une formation solide, respectueux de la dignité de l’enfant et conscients des traumatismes qu’il aurait déjà pu avoir subis. En cas de doute sur leur âge, les enfants devraient bénéficier de la protection spéciale à laquelle ils ont droit. 60. Il est particulièrement important de garantir l’intérêt supérieur de l’enfant lorsque celui-ci est non-accompagné ou séparé de sa famille. Il est essentiel de 10/20 17-13267

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