A/RES/60/150
2.
Déplore vivement les violences et voies de fait dont des commerces et
entreprises, des centres culturels et des lieux de culte de toutes religions sont la
cible, ainsi que les actes visant les symboles religieux ;
3.
Note avec une vive inquiétude que la campagne de diffamation des
religions s’est intensifiée depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001,
comme est devenue courante la désignation des minorités musulmanes à travers un
prisme ethnique et religieux ;
4.
Se déclare profondément préoccupée par le fait que l’islam est souvent et
faussement associé aux violations des droits de l’homme et au terrorisme ;
5.
Se déclare de même profondément préoccupée par les programmes et
orientations qui, défendus par des organisations et des groupes extrémistes, visent à
diffamer les religions, en particulier quand des gouvernements leur apportent un
soutien ;
6.
Déplore l’utilisation de la presse écrite, des médias audiovisuels et
électroniques, y compris l’internet, et de tous autres moyens dans le but d’inciter à
des actes de violence, à la xénophobie ou à l’intolérance qui y est associée et à la
discrimination à l’égard de l’islam ou de toute autre religion ;
7.
Considère que, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et de la
réaction face aux mesures antiterroristes, la diffamation des religions devient un
facteur aggravant qui contribue au refus de reconnaître les droits et libertés
fondamentaux des groupes cibles, ainsi qu’à leur exclusion économique et sociale ;
8.
Souligne la nécessité de lutter efficacement contre la diffamation de
toutes les religions, en particulier l’islam et les musulmans, notamment dans les
instances consacrées aux droits de l’homme ;
9.
Engage les États à prendre des mesures énergiques pour interdire la
diffusion, par l’entremise d’institutions et d’organisations politiques, d’idées et de
documents racistes et xénophobes visant telle ou telle religion ou ses fidèles,
susceptibles de constituer une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la
violence ;
10. Demande instamment aux États, dans le cadre de leurs systèmes
juridiques et constitutionnels internes, d’offrir une protection adéquate contre les
actes de haine, de discrimination, d’intimidation et de coercition résultant de la
diffamation des religions, de prendre toutes les mesures possibles pour promouvoir
la tolérance et le respect de toutes les religions et de leurs systèmes de valeurs, et de
compléter leurs systèmes juridiques en leur associant des stratégies intellectuelles et
morales visant à combattre la haine et l’intolérance religieuses ;
11. Engage tous les États à veiller à ce que tous les agents de l’État –
organes chargés de l’application des lois, militaires, fonctionnaires et enseignants –,
dans l’exercice de leurs fonctions officielles, respectent les différentes religions et
convictions et ne pratiquent aucune discrimination fondée sur la religion ou la
conviction, et à faire en sorte qu’ils reçoivent l’éducation ou la formation nécessaire
et appropriée ;
12. Souligne la nécessité de lutter contre la diffamation des religions en
mettant en place et en harmonisant des actions aux niveaux local, national, régional
et international au moyen de l’éducation et de campagnes de sensibilisation ;
13. Engage vivement les États à assurer à tous, en droit et dans la pratique,
un accès égal à l’éducation, notamment l’accès de tous les enfants, filles comme
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