A/79/334 Rapporteuse spéciale souligne qu’il importe de mettre en place des mécanismes prévoyant la participation des personnes déplacées à ces processus, des cadres juridiques et politiques favorisant les solutions durables au problème des déplacements, et des mesures destinées à traiter les causes profondes de la violence et des déplacements. A. Participation des personnes déplacées dans leur propre pays aux processus de paix 19. Il est essentiel de placer la voix des personnes déplacées dans leur propre pays et des autres victimes de violations des droits humains au centre de la consolidation de la paix, les points de vue des personnes qui subissent directement les conséquences du conflit étant fondamentales pour la recherche de solutions et d’une paix durables. Pour garantir la légitimité du processus de paix et veiller à ce que les personnes déplacées recommencent à faire confiance aux institutions publiques, il est aussi important de reconnaître le statut de victime de violations des droits humains à ces personnes, ainsi que de faire en sorte qu’elles se sentent pleinement associées au processus de paix et y apportent une contribution significative. 20. Malheureusement, les parties prenantes à la paix impliquent rarement les personnes déplacées dans leur propre pays dans les discussions relatives aux violations des droits et aux voies de recours. Les contraintes politiques sont un paramètre à prendre en compte et toute demande d’élargissement de la participation faite par l’une ou l’autre des parties doit être considérée compte tenu des limites du dialogue politique officiel 20, qui peuvent être un frein à la participation des personnes déplacées aux négociations de haut niveau. Il arrive que les processus de paix soient jugés trop sensibles et complexes pour que les victimes soient invitées à y prendre part, ou qu’ils soient conçus de telle manière qu’il est difficile de les rendre accessibles aux personnes déplacées dans leur pays. Le jargon juridique et les cadres institutionnels formels peuvent rendre les processus de consolidation de la paix ardus à appréhender pour les personnes déplacées, et celles-ci ne sont pas toujours en possession des documents d’identité nécessaires pour faire valoir leurs droits en tant que citoyennes ou citoyens. Les obstacles peuvent aussi être d’ordre géographique, les possibilités de participation étant souvent limitées pour les personnes qui se trouvent en dehors de la capitale, où ces processus se déroulent la plupart du temps. 21. Bien que les personnes déplacées confrontées à des formes de discrimination croisée puissent être touchées de manière disproportionnée par les violations des droits humains pendant les conflits, elles sont souvent encore moins bien représentées que les autres dans le cadre de la consolidation de la paix. C’est notamment le cas des femmes, malgré l’adoption de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité sur les femmes et la paix et la sécurité, et malgré les preuves de leur efficacité en tant qu’actrices de la paix dans de nombreux contextes. Les personnes LGBTQ+ doivent souvent faire face à une violence disproportionnée lors des conflits. Pourtant, les violations qu’elles subissent sont pas suffisamment reconnues, les cas étant rarement signalés et ces personnes étant exclues des processus de paix. Les minorités ethniques, linguistiques et religieuses ainsi que les peuples autochtones et les paysans sont également sous-représentés dans de nombreuses activités de consolidation de la paix et leur participation peut être entravée par des obstacles supplémentaires, notamment liés à la langue, à la situation géographique ou à la discrimination. Les personnes âgées, les enfants et les jeunes peuvent être exclus quand il est considéré qu’ils ne sont pas aptes à agir ou que leur point de vue compte peu. Les personnes handicapées __________________ 20 8/28 Institute for Integrated Transitions, « Effective participation in political and peace negotiations », avril 2021. 24-15773

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