Le droit à la vie privée à l’ère du numérique
A/RES/79/175
Rappelant que, conformément aux principes intitulés « Principes directeurs
relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme : mise en œuvre du cadre de référence
“protéger, respecter et réparer” des Nations Unies » 23, la responsabilité de respecter
les droits de l’homme exige des entreprises qu’elles évitent que leurs activités aient
des incidences négatives sur les droits de l’homme ou y contribuent, qu’elles
remédient à ces incidences lorsqu’elles se produisent et qu’elles s’efforcent de
prévenir ou d’atténuer les incidences négatives sur les droits de l’homme qui sont
directement imputables à leurs activités, produits ou services par le jeu de leurs
relations commerciales, même si elles n’ont pas contribué à ces inc idences,
Notant que, tout en permettant à chacun, partout dans le monde, d’utiliser des
technologies de l’information et des communications qui lui donnent des moyens
d’action, améliorent la qualité de vie, renforcent la justice et augmentent la
productivité, le rythme soutenu du progrès technique accroît la capacité des pouvoirs
publics, des entreprises et des particuliers d’exercer une surveillance ainsi que
d’intercepter, de pirater et de collecter des données, ce qui peut constituer une
violation des droits humains ou une atteinte à ces droits, notamment le droit à la vie
privée consacré par l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme
et par l’article 17 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et est
donc un motif de préoccupation croissante,
Notant également que les violations du droit à la vie privée à l’ère du numérique
et les atteintes à ce droit peuvent toucher tout un chacun et avoir des conséquences
particulières pour les femmes, les enfants, en particulier les filles, les personnes en
situation de handicap, les personnes âgées et les personnes en situation de
vulnérabilité,
Considérant que les technologies numériques nouvelles et naissantes, en
particulier dans le cas des technologies d’assistance, peuvent notamment contribuer
à la pleine jouissance des droits humains par les personnes en situation de handicap
et qu’elles devraient être conçues en consultation avec ces personnes et assorties des
garanties voulues pour protéger leurs droits, notamment leur droit à la vie privée,
Considérant également que la promotion et le respect du droit à la vie privée
sont essentiels pour prévenir la violence, y compris les violences fondées sur le genre,
les mauvais traitements et le harcèlement sexuel, en particulier contre les femmes et
les enfants, ainsi que toutes les formes de discrimination, qui peuvent se produire
dans l’espace numérique et en ligne, et qui comprennent la cyberintimidation et le
cyberharcèlement,
Notant que les femmes et les filles font l’objet de violations du droit à la vie
privée et d’atteintes à ce droit qui sont fondées sur le genre, en ligne comme hors
ligne, ainsi que de violations ou d’atteintes qui ont des répercussions particulières
selon le genre, et consciente que la manière dont de nombreuses plateformes
numériques sont conçues, commercialisées, gérées et régies peut donner lieu à la
désinformation et à des discours haineux, qui peuvent exacerber les stéréotypes de
genre et entraîner diverses formes de violence, notamment la violence fondée sur le
genre, et se déclarant préoccupée par la continuité et l’interdépendance des actes de
violence, de harcèlement et de discrimination perpétrés en ligne et hors ligne contre
des femmes et des filles, et condamnant l’augmentation du nombre d’actes de cette
nature qui sont commis, appuyés, aggravés ou amplifiés à l’aide de la technologie,
Notant également que les enfants peuvent être particulièrement exposés aux
violations du droit à la vie privée et aux atteintes à ce droit,
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A/HRC/17/31, annexe.
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