E/CN.6/2024/L.3
39. La Commission considère que la pauvreté, en particulier la féminisation de la
pauvreté, et le sous-développement comptent parmi les causes des migrations et
souligne qu’il importe de remédier aux situations de vulnérabilité dans lesquelles se
trouvent les femmes et les filles migrantes face aux mauvais traitements et à
l’exploitation, en particulier les femmes migrantes qui travaillent dans le secteur non
structuré et occupent des emplois exigeant peu de qualifications, soulignant à ce
propos l’obligation faite aux États de protéger et de respecter les droits humains de
toutes les personnes migrantes, quel que soit leur statut migratoire, et d’assurer la
réalisation de ces droits. Elle sait également que les migrantes apportent des
contributions positives à la croissance inclusive et au développement durable des pays
d’origine, de transit et de destination, souligne la valeur et la dignité de leur travail
dans tous les secteurs, y compris dans celui des soins à la personne et du travail
domestique, et reconnaît la contribution des travailleuses migrantes, notamment par
les envois de fonds, qui revêtent une importance essentielle pour l’avancement des
femmes et constituent une source vitale de soutien pour leurs familles et leurs
communautés.
40. La Commission reconnaît les contributions positives qu’apportent les femmes
âgées à l’économie et à la société, notamment par les soins qu’elles prodiguent, les
travaux domestiques qu’elles accomplissent et le soutien qu’elles fournissent. Elle
reconnaît également les obstacles à la pleine réalisation de tous les droits humains et
de toutes les libertés fondamentales des femmes âgées, notamment en prenant
progressivement des mesures pour lutter contre la discrimination fondée sur l’âge, la
négligence, la maltraitance et la violence sous toutes ses formes, y compris la violence
fondée sur le genre, ainsi que l’isolement social et la solitude ; en assurant l’accès à
une protection sociale, à l’alimentation, à l’eau et au logement, aux services de santé,
à l’emploi, aux technologies de l’information et des communications, y compris aux
nouvelles technologies et aux technologies d’assistance, aux services juridiques et à
la justice ; en prenant en compte les questions liées à l’intégration sociale et aux
inégalités de genre, en institutionnalisant les droits des personnes âgées dans le cadre
des stratégies de développement durable et axé sur l’être humain, des politiques
d’urbanisme et des stratégies de réduction de la pauvreté et en gardant à l’esprit
l’importance cruciale que revêt la solidarité entre les générations pour le
développement social.
41. La Commission reconnaît le rôle important que jouent les femmes rurales et
celles qui vivent dans des zones reculées ou maritimes dans l’élimination de la
pauvreté et le renforcement du développement agricole et rural durable ainsi que de
la pêche durable, et les contributions qu’elles apportent à cet égard. Elle souligne
qu’il importe qu’elles puissent bénéficier de perspectives économiques et accéder aux
ressources économiques, aux moyens de production, à un enseignement de qualité et
à des services d’appui. Elle souligne également l’importance d’une participation
pleine, égale et véritable des femmes et, le cas échéant, des filles à la conception, à
la mise en œuvre et au suivi des politiques et des activités qui ont une incidence sur
leurs moyens de subsistance, leur bien-être et leur résilience, et de la prise en compte
de leurs perspectives dans les processus décisionnels.
42. La Commission estime que les institutions publiques peuvent conduire des
politiques économiques favorables aux pauvres, inclusives et sensibles aux questions
de genre en adoptant une approche axée sur l’être humain et en respectant pleinement
les droits humains, et que la participation des femmes aux travaux de ces institutions
est essentielle pour lutter contre les préjugés et les stéréotypes liés au genre, tant au
niveau de l’élaboration des politiques que des résultats des politiques menées. Elle
constate que les ministères des finances définissent la portée et l ’orientation de la
politique budgétaire nationale, mais qu’ils ont parfois une capacité limitée pour ce
qui est d’analyser les répercussions de cette politique selon le genre, y compris en ce
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