E/CN.6/2024/L.3
toutes les étapes des processus de paix, de la prévention et du règlement des conflits
et de la consolidation de la paix est l’un des facteurs ess entiels au maintien et à la
promotion de la paix et de la sécurité internationales.
20. La Commission condamne fermement toutes les formes de violence à l’égard
des femmes et des filles, qui trouvent leurs racines dans les inégalités d’ordre
historique et structurel et des rapports de force déséquilibrés entre les femmes et les
hommes. Elle réaffirme que la violence contre les femmes et les filles sous toutes ses
formes, dans les sphères publique et privée, y compris sur Internet, notamment la
violence sexuelle et fondée sur le genre, le harcèlement sexuel, le viol, les meurtres
liés au genre, y compris les féminicides, les pratiques traditionnelles néfastes, comme
les mariages d’enfants et les mariages précoces ou forcés et les mutilations génitales
féminines, ainsi que le travail forcé et le travail des enfants, la traite des personnes et
l’exploitation et les atteintes sexuelles, est un phénomène très répandu, bien qu’on en
fasse peu de cas et qu’il soit rarement dénoncé, en particulier au niveau de la
communauté. Elle demeure profondément préoccupée par l’ampleur prise par les
différentes formes de violence contre les femmes et les filles, notamment la violence
produite ou amplifiée par la technologie, et par les préjudices considérables que cela
cause aux femmes et aux filles tout au long de leur vie sur les plans physique, sexuel,
psychologique, social, politique et économique. Elle se dit vivement préoccupée par
le fait que les femmes et les filles puissent être particulièrement vulnérables à la
violence en raison de la pauvreté multidimensionnelle, notamment la pauvreté
intergénérationnelle, du handicap, ou d’un accès limité ou inexistant à la justice, à
des recours judiciaires efficaces et à des services psychosociaux, notamment les
services de protection, de réadaptation et de réinsertion, ainsi que les services de
santé. Elle insiste une nouvelle fois sur le fait que la violence contre les femmes et
les filles constitue un obstacle majeur à la réalisation de l’égalité des genres et à
l’avancement de toutes les femmes et de toutes les filles et qu’elle porte atteinte à
tous leurs droits humains et libertés fondamentales, en même temps qu’elle en entrave
ou en anéantit la jouissance.
21. La Commission constate que les préjugés systémiques ancrés dans les structures
économiques et sociales exposent les femmes et les filles à un risque de violence
disproportionné et que cette violence accroît elle-même le risque de pauvreté, de
difficultés économiques, de dépendance financière, d’exclusion économique et de
sans-abrisme pour les femmes, notamment les femmes âgées, en raison, entre autres,
des dépenses de santé auxquelles elle donne lieu, de la perte de revenus et de la
participation inégale au marché du travail, ce qui peut se traduire par un accès limité
ou inexistant aux prestations de sécurité sociale contributives. Elle condamne toutes
les violences subies par les femmes, y compris les actes visant à les rendre
financièrement dépendantes ou à exercer un contrôle abusif sur leurs finances, et note
que, lorsqu’elles jouissent d’une indépendance économique, les femmes sont
davantage en mesure de mettre fin à une relation abusive ou violente.
22. La Commission affirme la nécessité d’étudier les conséquences des conflits
armés et des situations d’après conflit sur les femmes et les filles, y compris les
victimes et les rescapées de violences sexuelles.
23. La Commission considère que la pauvreté, le chômage, l’absence de
perspectives socioéconomiques et l’omniprésence des inégalités de genre font partie
des facteurs qui rendent les femmes et les filles vulnérables à la traite. Elle se déclare
gravement préoccupée par la forte persistance de la traite des femmes et des filles,
constate que la traite les frappe démesurément et souligne que les États Membres
doivent adopter de nouvelles lois ou modifier les lois existantes et mettre en place des
politiques, des programmes et d’autres mesures d’ensemble permettant de prévenir la
traite ainsi que la revictimisation des femmes et des enfants victimes de la traite,
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