A/HRC/RES/58/22
d’application dans les situations de conflit armé, compte tenu de l’application du droit
international humanitaire,
Considérant que les mines antipersonnel compromettent gravement la jouissance des
droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, en particulier par les rescapés de
l’explosion de mines antipersonnel, surtout dans les pays en développement, où ces
personnes ont souvent de grandes difficultés à accéder aux soins de santé dont elles ont
absolument besoin, aux services de réadaptation et aux possibilités de réintégration sociale
et économique et à obtenir que l’environnement soit assaini, et par les communautés
touchées, la pollution par les mines rendant inutilisables de grandes superficies de terres, ce
qui met en péril la production agricole et la sécurité alimentaire et entraîne la perte de moyens
de subsistance,
Soulignant que les mines antipersonnel ont des effets différenciés sur les femmes et
les filles, qui en sont victimes directement et indirectement en raison de formes multiples et
aggravées de discrimination, et constatant avec préoccupation qu’en raison des stéréotypes
de genre et des normes sociales négatives, il est souvent attendu des femmes et des filles
qu’elles s’occupent des rescapés et qu’elles aident financièrement leur famille, en particulier
lorsque le principal soutien de famille est blessé ou tué, ce qui creuse les inégalités
structurelles,
Conscient que les rescapés de l’explosion de mines subissent de graves blessures
physiques pouvant entraîner un handicap, ainsi que des traumatismes psychologiques, et
constatant qu’il est nécessaire de fournir une assistance complète aux victimes et de
promouvoir l’intégration pleine et entière des victimes dans la société, dans des conditions
d’égalité, en tenant compte de leurs vulnérabilités et besoins particuliers,
Soulignant que les droits et les besoins des rescapés, de leur famille et de leur
communauté doivent être au cœur des mesures visant à assurer un soutien global et axé sur
les victimes,
Saluant les efforts que les États, les organisations internationales, la société civile et
les autres parties prenantes déploient pour faire face aux conséquences humanitaires des
mines antipersonnel, notamment en appliquant la Convention sur l’interdiction des mines
antipersonnel, la Convention sur certaines armes classiques et d’autres accords
internationaux applicables,
Conscient que la lutte antimines est de nature humanitaire et que de nombreux États,
en particulier ceux qui disposent de ressources limitées, peuvent se heurter à de grandes
difficultés financières, techniques et logistiques, entre autres, lorsqu’ils tentent d’exécuter
des programmes complets de lutte antimines, notamment de déminage, d’aide aux victimes
et de sensibilisation aux risques,
Soulignant l’importance que revêtent la coopération internationale et la mise en commun
des connaissances, des informations pertinentes, des ressources et des meilleures pratiques
concernant la lutte antimines, notamment le déminage, la sensibilisation aux risques, l’aide aux
victimes et la promotion de l’adhésion universelle aux instruments juridiques internationaux
applicables relatifs aux mines antipersonnel et de l’application de ces instruments,
Constatant qu’il est nécessaire d’intégrer l’aide aux rescapés, à leur famille et à leur
communauté dans des politiques, plans et cadres juridiques nationaux plus larges en matière
de santé, de handicap, de protection sociale, d’éducation, d’emploi et de développement,
Conscient qu’il importe que le genre, l’âge et le handicap soient pris en compte dans
les programmes de lutte antimines et que les femmes et les hommes, y compris les personnes
handicapées, les jeunes, les personnes âgées et les organisations qui les représentent,
participent pleinement à ces programmes dans des conditions d’égalité,
Prenant note des efforts déployés aux niveaux national, régional et sous-régional,
notamment des travaux du Centre régional de lutte antimines de l’Association des nations de
l’Asie du Sud-Est et de l’élaboration en cours par l’Union africaine d’un nouveau cadre
stratégique de lutte antimines, ainsi que d’autres stratégies régionales pertinentes en la matière,
Prenant note également, en plus du rôle essentiel que jouent les États Membres, des
mesures que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a prises dans le
GE.25-05453
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