A/81/133 spécificités de la violence à l’égard des femmes âgées privée 89 et risquent d’y voir seulement une affaire 90. 35. Selon les estimations, entre une victime âgée sur cinq et trois sur cinq présenteraient un trouble cognitif ou psychologique 91, de sorte que leur témoignage est souvent écarté et qu’il est difficile pour elles de s’y retrouver dans des procédures judiciaires complexes. L’abus de tutelle, lorsqu’une femme âgée est privée, partiellement ou totalement, de sa capacité juridique, limite considérablement ses possibilités de recours juridique et risque d’entraîner une manipulation du système judiciaire 92. En raison de l’éloignement géographique, les services d’aide juridique, les tribunaux et les organismes d’aide ne sont souvent accessibles que dans les centres urbains 93. En particulier dans les affaires impliquant des auteurs adultes issus de la famille, la responsabilité n’est souvent pas établie, les victimes étant détournées des mécanismes judiciaires au profit de dispositifs d’accompagnement 94. 36. Le coût élevé des procédures judiciaires, notamment les frais de représentation juridique, de transport et de dépôt de dossier, pèse de manière disproportionnée sur les femmes âgées 95. Les obstacles liés aux documents officiels sont également importants, car de nombreuses femmes âgées, notamment les femmes roms, ne disposent pas des actes de naissance, des pièces d’identité ou des justificatifs de domicile requis 96. Les retards pris dans la collecte des éléments de preuve ou la durée des auditions posent un problème lorsque les femmes sont atteintes d’une maladie évolutive ; certaines d’entre elles risquent en effet de ne pas vivre assez longtemps pour obtenir justice 97. V. Les groupes de femmes à haut risque 37. Certains groupes de femmes âgées sont particulièrement exposés à la violence et à la discrimination. Il s’agit notamment, mais pas exclusivement, des groupes de femmes suivants: A. Les veuves 38. Les veuves sont souvent des femmes d’un certain âge. Par exemple, en Inde, 48 % des femmes de plus de 60 ans sont veuves, contre 16 % des hommes 98. Elles peuvent voir leur statut social baisser ou se retrouver davantage dépendantes de certains hommes parmi les membres de leur famille, et l’on attend d’elles qu’elles se retirent de la vie publique et qu’elles cèdent leur pouvoir de décision à des membres de la famille qui sont plus jeunes qu’elles 99. À Vrindavan (Inde), souvent surnommée la « ville des veuves », bon nombre des 15 000 à 20 000 femmes démunies qui y résident après avoir été abandonnées par leur famille n’ont d’autre choix que de mendier pour survivre 100. __________________ 89 Contribution de l’Université de Malte. Contribution du Centre d’impact social de l’Albanie. 91 Contribution du Canada. 92 Voir A/HRC/57/42. 93 Contribution de Juan Didier Pierre. 94 Contribution conjointe de l’Open University et d’autres organisations. 95 Contribution de l’Institut pour les droits de l’homme et le développement en Afrique. 96 Contribution du Global Forum of Communities Discriminated on Work and Descent. 97 Contribution de Collective Shout. 98 Contribution de l’Association of People with Disability. 99 Contribution du Royal Melbourne Institute of Technology (université RMIT). 100 Voir https://www.bbc.com/travel/article/20160907-the-widows-who-cant-return-home. 90 26-09992 11/29

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