A/RES/56/155
pas prises d’urgence, compte tenu de l’accroissement prévu de la population
mondiale et de la pression qui s’exerce sur les ressources naturelles,
Réaffirmant qu’un environnement politique, social et économique pacifique,
stable et propice, tant au niveau national qu’international, est la condition essentielle
pour que les États puissent accorder la priorité qui convient à la sécurité alimentaire
et à l’élimination définitive de la pauvreté,
Réaffirmant, comme l’a fait la Déclaration de Rome, que la nourriture ne doit
pas être utilisée comme instrument de pression politique et économique, et
soulignant de nouveau, à ce propos, l’importance de la coopération et de la
solidarité internationales, ainsi que la nécessité de s’abstenir de mesures unilatérales
qui ne sont conformes ni au droit international ni à la Charte des Nations Unies et
qui mettent en danger la sécurité alimentaire,
Convaincue qu’en vue d’appliquer les recommandations de la Déclaration de
Rome et du Plan d’action du Sommet mondial de l’alimentation, chaque État doit
adopter une stratégie correspondant à ses ressources et à ses capacités pour atteindre
ses propres objectifs et, parallèlement, coopérer sur les plans régional et
international afin que soient mises en place des solutions collectives aux problèmes
planétaires de la sécurité alimentaire dans un monde où les institutions, les sociétés
et les économies sont de plus en plus interdépendantes et où il est essentiel de
coordonner les efforts et de partager les responsabilités,
Soulignant qu’il importe d’inverser le processus de diminution constante de
l’aide publique au développement destinée à l’agriculture, tant en termes réels qu’en
pourcentage du total de l’aide publique au développement,
1.
Réaffirme que la faim est une honte et porte atteinte à la dignité humaine,
et exige en conséquence que soient adoptées d’urgence, sur les plans national,
régional et international, des mesures visant à l’éliminer ;
2.
Réaffirme le droit qu’a chaque être humain d’avoir accès à des aliments
sains et nutritifs, conformément au droit à une nourriture suffisante et au droit
fondamental qu’a toute personne d’être à l’abri de la faim, de manière à pouvoir
développer pleinement ses capacités physiques et mentales et à les conserver ;
3.
Estime qu’il est intolérable que 826 millions de personnes dans le monde,
pour la plupart des femmes et des enfants, en particulier dans les pays en
développement, n’aient pas suffisamment à manger pour satisfaire leurs besoins
nutritionnels essentiels, ce qui porte atteinte à leurs droits fondamentaux et peut,
parallèlement, faire peser des pressions supplémentaires sur l’environnement dans
les zones écologiquement fragiles ;
4.
Encourage tous les États à prendre des mesures en vue d’assurer
progressivement la pleine réalisation du droit à l’alimentation, notamment des
mesures visant à faire en sorte que chacun soit à l’abri de la faim et puisse, le plus
rapidement possible, jouir pleinement du droit à l’alimentation, ainsi qu’à élaborer
et à adopter des plans nationaux de lutte contre la faim ;
5.
Souligne la nécessité de s’employer à mobiliser des moyens financiers et
techniques auprès de toutes les sources, y compris par l’allégement de la dette
extérieure des pays en développement, et de les allouer et utiliser au mieux, afin de
renforcer les mesures prises à l’échelon national pour mettre en œuvre des politiques
de sécurité alimentaire durables ;
6.
Prie instamment les États d’accorder la priorité voulue dans leurs
stratégies et dépenses de développement à la réalisation du droit à l’alimentation ;
2
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