A/HRC/56/47
observations des communautés, qui seraient notamment invitées à examiner et à approuver
les conclusions et recommandations issues des évaluations118. Enfin, les directives devraient
prévoir l’établissement d’un cadre de suivi et d’évaluation des réinstallations planifiées, qui
suive une approche axée sur l’être humain et tienne compte des divers points de vue et avis
des membres des communautés, y compris ceux qui restent119. Les processus et les rapports
de suivi et d’évaluation doivent être accessibles au public120.
D.
Évaluations et planification
69.
Les droits de l’homme, notamment le droit de chacun à la vie, à la sécurité de la
personne et à la santé, et le devoir de ne pas procéder à des déplacements qui portent atteinte
à ces droits (principe directeur no 7), obligent les États à mener des évaluations rigoureuses
et exhaustives des risques, non seulement sur le lieu d’origine, pour déterminer s’il existe une
autre solution que la réinstallation, mais aussi sur le lieu de destination 121, pour trouver des
sites de réinstallation adéquats et sûrs. Ces évaluations devraient tenir compte des profils de
risque biophysique ainsi que des différentes perceptions du risque et des effets possibles sur
les droits de l’homme, en particulier les droits sociaux et culturels et le droit à un
environnement propre et sain. Elles devraient être menées à un stade précoce, associer les
communautés, faire appel à leurs sources d’informations et d’éléments factuels, notamment
au stade de l’examen des possibilités d’adaptation et d’éventuels arbitrages, contribuer à
instaurer un climat de confiance et faire intervenir les connaissances et les perspectives
locales122. Les évaluations des risques devraient appuyer la conclusion de l’État selon laquelle
la réinstallation planifiée est une mesure de dernier recours 123 et reposer sur une véritable
consultation des communautés à toutes les étapes du processus124.
70.
L’obligation d’envisager toutes les autres solutions possibles avant d’opter pour le
déplacement est particulièrement importante en l’absence de situation d’urgence125. Les États
doivent privilégier le droit de rester et éviter les déplacements en atténuant les risques
environnementaux et en limitant l’exposition et la vulnérabilité des populations qui habitent
des zones sujettes aux catastrophes au moyen de mesures de réduction des risques de
catastrophe et d’adaptation aux changements climatiques. Ils devraient prendre les
précautions qui s’imposent pour que les mesures précitées soient fondées sur des données et
des éléments probants 126 . Le cadre juridique et institutionnel devrait permettre aux
populations de choisir de se déplacer ou de ne pas quitter leur lieu de vie actuel.
Le Gouvernement devrait respecter ce choix et le soutenir en prévoyant d’autres formes
d’assistance (aide au renforcement de la résilience, mesures d’adaptation, accès à des moyens
de subsistance, etc.)127. Dans ce contexte, la prise de décisions revêt une importance cruciale
et devrait se faire collectivement, avec la participation des communautés et des autorités.
Les autorités compétentes doivent donner à ceux qui souhaitent rester le temps et la
possibilité de proposer des solutions de substitution.
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GE.24-11873
Fidji, Office of the Prime Minister, Standard Operating Procedures for Planned Relocation in the
Republic of Fiji (2023), p. 7 à 10.
Contribution de Yee, Piggott-McKellar et McMichael.
A/HRC/55/53, par. 70.
Contribution de Moreno et Fry.
Ibid.
Guidance for Protecting People from Disasters and Environmental Change through Planned
Relocation, par. 10 ; Initiative Nansen concernant les déplacements transfrontières liés à des
catastrophes, « Agenda pour la protection des personnes déplacées au-delà des frontières dans le
cadre de catastrophes et de changements climatiques : volume I », décembre 2015, par. 94.
Voir également A/HRC/52/28, par. 24 et 64 e), et les Principes de base et directives concernant les
expulsions et les déplacements liés au développement.
Scott Leckie et Chris Huggins, dir. publ., Repairing Domestic Climate Displacement: The Peninsula
Principles (Routledge, 2016).
Walter Kälin, Internal Displacement and the Law (Oxford University Press, 2023).
A/HRC/47/37, par. 59. Voir HCDH et al., « Housing and Property Restitution for Refugees and
Displaced Persons: Implementing the Pinheiro Principles in the Middle East and North Africa »
(à paraître).
Contribution de l’International Centre for Climate Change and Development. Voir également la
Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, art. 21.
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