A/HRC/38/46 des entreprises au détriment des droits de l’homme, a eu pour effet de multiplier les obstacles auxquels se heurtent les défenseurs des droits de l’homme. Par exemple, les personnes qui travaillent sur les droits contestés par des groupes fondamentalistes (droits sexuels et procréatifs des femmes) et celles qui dénoncent les agissements des entreprises et des industries extractives sont exposées à un risque accru de violence, y compris de meurtre29. Bilan 43. Au cours des six premières années d’existence du Groupe de travail, les experts ont constaté, en se penchant sur les nombreux obstacles à l’égalité des sexes auxquels les femmes se heurtent tout au long de leur vie, que les domaines de la famille, de la culture et des droits sexuels et procréatifs sont ceux qui suscitent encore les problèmes les plus importants et ceux dans lesquels les acquis en matière d’égalité des femmes ont été les plus menacés. Le Groupe de travail déplore que l’autonomisation économique des femmes et leur participation à la vie politique soient trop souvent traitées comme des questions isolées. L’interdépendance des droits de l’homme ne peut être négligée : les discriminations persistantes en matière de droits familiaux, culturels, sexuels et procréatifs ont une incidence négative sur la capacité des femmes à revendiquer l’égalité dans tous les aspects de la vie. Cette approche sélective de la discrimination à l’égard des femmes est une pratique regrettable des États et du système des Nations Unies, et constitue un problème fondamental qui affecte la manière dont l’égalité des sexes est appréhendée et un obstacle majeur à des progrès durables. Tant que l’on ne parviendra pas à éliminer la discrimination dans les domaines des droits familiaux, des droits culturels et des droits sexuels et procréatifs, il ne sera pas possible de progresser durablement dans les autres domaines. 3. Renforcer le système pour mieux promouvoir et protéger les droits des femmes de manière globale 44. Dans sa résolution 35/18, le Conseil des droits de l’homme s’est déclaré profondément préoccupé par la réaction contre les progrès réalisés par la société civile s’agissant de faire respecter les droits fondamentaux des femmes. Tout au long de son mandat, le Groupe de travail a été témoin de la résurgence d’un discours très conservateur et rétrograde dans les instances internationales et au niveau national, ainsi que de tentatives de rétablir des politiques ou des lois préjudiciables aux femmes. Ces lois ou politiques affectent particulièrement l’exercice par les femmes de leur droit à l’égalité dans la famille et de leurs droits à la santé et à la prise de décision autonome. 45. Comme l’indique une étude sur l’influence des acteurs conservateurs sur la scène internationale, une action concertée a été menée pour affaiblir les accords et les engagements existants et pour introduire une rhétorique régressive dans les documents internationaux relatifs aux droits de l’homme. On a aussi cherché à saper les organismes des Nations Unies, les organes conventionnels et les procédures spéciales. Les discours et les stratégies des acteurs de la lutte antidroits ont conduit au blocage de négociations et ont eu des incidences importantes sur le cadre des droits de l’homme et l’interprétation progressiste des normes relatives aux droits de l’homme, en particulier celles relatives à l’égalité des sexes et à la sexualité30. 46. En outre, le Groupe de travail a constaté que l’action en faveur des droits fondamentaux des femmes était très fragmentée. La mise en avant sélective des questions les moins controversées a pour effet que l’égalité des sexes n’est pas traitée de manière globale, en tenant compte de l’interdépendance et de l’indivisibilité des droits fondamentaux des femmes. Le Groupe de travail reconnaît que des progrès considérables ont été accomplis pour ce qui est de l’intégration de la problématique hommes-femmes dans les activités du système des Nations Unies. Toutefois, ces efforts n’auront qu’un effet limité tant que le système des Nations Unies ne s’attaquera pas aux noyaux de résistance qui influent négativement sur les droits de la femme. 29 30 12 Voir www.ohchr.org/EN/Issues/Women/WGWomen/Pages/WomenHumanRightsDefenders Gender.aspx. Voir www.awid.org/ours-report. GE.18-07710

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