A/HRC/RES/39/8
7.
Constate avec préoccupation que, malgré tous les efforts, les inégalités entre
les sexes persistent dans la réalisation des droits de l’homme à l’eau potable et à
l’assainissement ;
8.
Demande aux États :
a)
De réaliser les objectifs et cibles de développement durable arrêtés au niveau
international, notamment l’objectif 6 qui vise à garantir l’accès de tous à l’eau et à
l’assainissement et à assurer une gestion durable des ressources en eau, conformément aux
obligations que leur impose le droit international ;
b)
D’assurer la réalisation progressive des droits de l’homme à l’eau potable et à
l’assainissement pour tous, sans discrimination, tout en éliminant les inégalités d’accès,
notamment pour les personnes à risque et les groupes marginalisés, fondées sur la race, le
sexe, l’âge, le handicap, l’appartenance ethnique, la culture, la religion, la nationalité et
l’origine sociale ou sur tout autre motif ;
c)
De surveiller constamment et d’analyser régulièrement l’état d’avancement
de la réalisation des droits de l’homme à l’eau et à l’assainissement, et de redoubler
d’efforts pour améliorer la disponibilité, l’accessibilité, la qualité et l’utilisation des
données liées à l’eau aux niveaux local, national et régional, et d’élaborer des indicateurs et
des mécanismes de suivi fondés sur des données ventilées et tenant compte du genre ;
d)
De promouvoir l’esprit d’entreprise des femmes et leur participation pleine et
effective, dans des conditions d’égalité, à la prise de décisions dans la gestion de l’eau et de
l’assainissement, de veiller à ce qu’une démarche tenant compte du genre soit adoptée dans
le cadre des programmes pour l’eau et l’assainissement, y compris des mesures visant à
réduire le temps que les femmes et les filles consacrent à aller chercher l’eau nécessaire au
foyer, de façon à remédier aux effets négatifs de l’inadéquation des services d’eau et
d’assainissement sur l’accès des filles à l’éducation, de protéger les femmes et les filles
contre les menaces ou agressions physiques, y compris la violence sexuelle, lorsqu’elles
vont chercher l’eau nécessaire au foyer, utilisent des installations sanitaires hors de chez
elles ou pratiquent la défécation en plein air, de protéger l’accès des femmes et des filles à
l’eau et à l’assainissement dans des conditions d’égalité, et de prendre des mesures
positives pour garantir l’existence et l’accessibilité de ces droits ;
e)
De combattre la stigmatisation et la honte omniprésentes qui entourent la
menstruation et l’hygiène menstruelle en garantissant l’accès à des renseignements factuels
sur ces questions, en s’attaquant aux normes sociales négatives dont elles font l’objet et en
veillant à ce que les femmes et les filles aient toutes accès à des produits d’hygiène et à des
installations sanitaires séparées, dotées de dispositifs pour l’élimination des produits
hygiéniques ;
f)
De s’efforcer d’atténuer l’impact disproportionné des maladies hydriques et
des maladies liées à l’assainissement ou à l’hygiène sur les enfants et de réduire la mortalité
et la morbidité infantiles et les retards de croissance des enfants en veillant à la réalisation
progressive des droits de l’homme à l’eau potable et à l’assainissement ;
g)
De prendre l’avis des populations locales et d’autres parties prenantes, dont la
société civile et le secteur privé, sur les solutions qui permettent d’offrir un accès durable à
l’eau potable et à l’assainissement et de coordonner les activités avec elles ;
h)
De prévoir des mécanismes de responsabilisation efficaces pour faire en sorte
que tous les fournisseurs d’eau et de services d’assainissement, y compris ceux du secteur
privé, respectent les droits de l’homme, ne soient pas à l’origine de violations de ces droits
ou d’atteintes à ces droits, ou n’y contribuent pas ;
9.
Encourage tous les gouvernements à continuer de répondre favorablement
aux demandes de visite et d’informations du Rapporteur spécial, à donner effectivement
suite aux recommandations du titulaire de ce mandat et à communiquer des informations
sur les mesures prises à cet égard ;
10.
Prie le Secrétaire général et la Haute-Commissaire des Nations Unies aux
droits de l’homme de fournir au Rapporteur spécial toutes les ressources et l’assistance
nécessaires au bon accomplissement de son mandat ;
GE.18-16416
5