A/74/274 III. Conclusions et recommandations 76. En définitive, la perpétuation, la tolérance et la validation des préjugés raciaux par le biais de stéréotypes négatifs ancrés dans la vie quotidienne portent atteinte aux droits de l’homme des personnes d’ascendance africaine. La capacité de ces dernières à jouir de leurs droits fondamentaux est considérablement entravée par des préjugés raciaux fondés sur de fausses croyances qui entachent la prise de décisions. Les préjugés raciaux ont une incidence si généralisée sur l’exercice des droits de l’homme que les personnes d’ascendance africaine de différents pays se retrouvent confrontées à des difficultés similaires. Cela donne à penser qu’une des causes sous-jacentes de ce phénomène est la suprématie blanche, ou une construction de la blanchité qui repose sur des stéréotypes négatifs toxiques visant les personnes d ’ascendance africaine, afin de préserver la valeur de la race blanche et d’offrir moins de possibilités et de droits aux personnes d’ascendance africaine. La déshumanisation des personnes d’ascendance africaine s’est insinuée dans la société, permettant ainsi de neutraliser, voire même de justifier, les conséquences et l ’iniquité des inégalités et des disparités raciales bien établies. 77. Pour garantir le respect, la protection et la réalisation des droits de l ’homme des personnes d’ascendance africaine, il convient de comprendre et de reconnaître que les stéréotypes raciaux et les représentations stéréotypées associés aux personnes noires ont des conséquences néfastes à long terme sur la jouissance des droits de la personne, ainsi que de déconstruire les stéréotypes raciaux négatifs et les représentations erronées, en faisant évoluer le discours et en combattant le racisme qui se reflète toujours dans les décisions, politiques et pratiques qui régissent le fonctionnement même de notre société. Recommandations 78. Au vu des manifestations actuelles du racisme, de la discrimination raciale, de l’afrophobie, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée, le Groupe de travail d’experts sur les personnes d’ascendance africaine engage les États à : a) Rejeter et condamner de manière claire et incontestable les propos et crimes haineux racistes visant les personnes d’ascendance africaine, où qu’ils se produisent ; b) Prendre des mesures pour empêcher toute diffusion d’idées prônant la supériorité ou l’infériorité d’une race ou tentant de justifier la violence, la haine ou la discrimination à l’égard des personnes d’ascendance africaine ; c) Prendre des mesures énergiques pour combattre toute tendance à viser, stigmatiser, stéréotyper ou caractériser par leur profil les personnes d’ascendance africaine sur la base de la race de la part des agents des forces de l’ordre, des responsables politiques et des éducateurs ; d) Prendre des mesures strictes contre toute incitation à la discrimination ou à la violence à l’égard des personnes d’ascendance africaine, y compris par le biais d’Internet. Les États et la société civile devraient collaborer avec les médias et les entreprises de communication pour promouvoir des images et des représentations plus positives et moins exclusives des personnes d’ascendance africaine afin d’accroître leur visibilité au sein de la société et de lutter contre les stéréotypes négatifs et la discrimination qui en résulte ; e) Adopter des mesures visant à lutter contre la discrimination indirecte à laquelle sont confrontés les enfants dans les systèmes éducatifs en éliminant les stéréotypes et les images négatives souvent utilisés dans les matériels pédagogiques, en veillant à ce que l’histoire et la culture des personnes 19-13272 23/25

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