A/HRC/48/78
long de la « Cancer Alley », en tâchant notamment de faire interdire l’implantation de
nouvelles industries et le développement des activités industrielles existantes et d’obtenir des
réparations pour la population de Saint James, l’ouverture d’une enquête sur les causes des
taux élevés de maladie et de mortalité ainsi que le lancement d’une étude sur les effets de la
présence de produits chimiques dans l’air et l’eau.
35.
Biko Rodrigues, membre de la Coalition nationale des communautés quilombolas, a
évoqué le cas de ces descendants d’esclaves fugitifs présents un peu partout au Brésil, en
Amazonie, dans la région semi-aride et dans le Pantanal. Ces communautés étaient
vulnérables sur le plan socioéconomique et victimes de racisme environnemental ainsi que
d’autres formes de racisme au Brésil. Pendant la pandémie de COVID-19, elles avaient subi
une recrudescence de violences que les autorités avaient feint d’ignorer. Plus de
1 200 mégaprojets, la construction d’une base militaire et plusieurs grands projets
hydroélectriques, dont un barrage, étaient prévus sur des quilombos, ce qui entraînerait le
déplacement de communautés quilombolas, notamment celles dont le territoire n’était pas
délimité. Bien qu’il existe plus de 6 000 de ces communautés, moins de 200 d’entre elles,
établies pour la plupart dans la région amazonienne du Brésil, possédaient un titre foncier.
On ignorait souvent que 70 % des personnes vivant dans la région amazonienne étaient noires
et que les Quilombolas jouaient un rôle capital dans la préservation des écosystèmes et des
vies malgré la menace croissante qui pesait sur eux, le meurtre de plusieurs de leurs chefs et
le pillage des ressources naturelles pendant la pandémie. Les communautés autochtones,
quilombolas, traditionnelles et rurales étaient en première ligne pour défendre la biodiversité
en tentant d’empêcher la destruction des campagnes par les entreprises agroalimentaires et
en s’efforçant de préserver les terres de leurs ancêtres afin que leurs petits-enfants puissent y
vivre. M. Rodrigues a mis en avant les efforts que déployaient ces populations pour sauver
des vies. Sources de vie, la biodiversité et l’environnement devaient à tout prix être préservés.
36.
James Bhagwan, Secrétaire général de la Pacific Conference of Churches, a déclaré
que le Pacifique était rarement perçu comme une région d’une grande diversité, alors qu’on
y parlait plus d’un quart des langues du monde. Les États insulaires du Pacifique possédaient
de vastes zones économiques exclusives et jouaient un rôle important dans la préservation
des ressources naturelles. Leurs populations se considéraient comme partie intégrante de la
terre et entretenaient un rapport quasi spirituel à la terre et à la mer, voyant dans l’océan
Pacifique, cœur bleu de la planète, un puits de carbone pourvoyeur d’oxygène, de nourriture
et de minéraux, notamment. Ces États jouaient un rôle de premier plan dans la promotion de
la justice climatique, non seulement du point de vue des droits de l’homme, mais aussi parce
qu’il s’agissait d’un impératif moral face au péril de l’extinction de cultures vivantes et de la
disparition d’États souverains. Le racisme structurel pourrait bien expliquer la lenteur et le
manque de ressources consacrées à la lutte contre les changements climatiques ou à
l’élaboration de politiques d’adaptation et d’atténuation. L’aide au développement était
parfois requalifiée, à tort, en ressources destinées à l’adaptation aux changements climatiques
et à l’atténuation de leurs effets, tandis que des questions urgentes telles que les déplacements
induits par l’élévation du niveau de la mer et les phénomènes météorologiques extrêmes
étaient lourds de conséquences en matière de sécurité. Les questions de dignité, de justice et
de droits de l’homme étaient particulièrement prégnantes dans le contexte des migrations
climatiques. Les mesures prises face à la COVID-19 ne devaient pas compromettre la lutte
contre les changements climatiques et la crise climatique.
37.
Au cours du dialogue, Sharon Lavigne a mentionné, en réponse à une question de
M. Sunga, différents types de réparation et de restitution, notamment la prise en charge des
frais médicaux liés à la pollution industrielle, la restauration des terres et des eaux, le respect
des sites funéraires et des monuments à la mémoire des ancêtres, l’octroi de réparations
financières pour les souffrances endurées et le rétablissement de la valeur des biens
appartenant aux personnes qui habitaient encore les 4e et 5e districts de la paroisse de Saint
James. M. Gumedze a indiqué qu’il ne fallait pas perdre de vue, dans la lutte contre la crise
climatique, le racisme historique et structurel à l’origine de la marginalisation et de la
paupérisation de nombreuses communautés d’Afrique. Myriam Miranda a fait observer que
la crise climatique exigeait une action globale et des mesures fortes. Les entreprises devaient
rendre des comptes et s’acquitter réellement de leurs obligations concernant l’avenir et le
climat. Il appartenait aux décideurs de prendre des décisions judicieuses pour aujourd’hui
comme pour demain. Détruire l’environnement, c’était renoncer à nos responsabilités envers
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GE.21-09167