CRC/C/GC/26
Les enfants doivent être protégés contre toutes les formes de violence physique et
psychologique et contre l’exposition à la violence, comme la violence domestique ou la
violence infligée aux animaux.
36.
En investissant dans les services à l’enfance, on peut réduire considérablement les
risques environnementaux globaux auxquels les enfants sont exposés dans le monde entier.
Les États devraient adopter des mesures intersectorielles pour combattre les facteurs liés à la
dégradation de l’environnement qui favorisent la violence à l’égard des enfants.
H.
Droit au meilleur état de santé possible (art. 24 )
37.
Le droit à la santé comprend le droit de jouir d’une diversité d’installations, de biens,
de services et de conditions nécessaires à la réalisation du droit au meilleur état de santé
possible, y compris un environnement sain. La jouissance de ce droit est étroitement liée à la
jouissance de nombreux autres droits consacrés par la Convention, et inversement.
38.
La pollution du milieu naturel est une menace majeure pour la santé des enfants,
comme l’énonce expressément l’article 24 (par. 2 c)) de la Convention. Cependant, dans de
nombreux pays, elle est souvent ignorée et ses effets sont sous-estimés. Le manque d’eau
potable, l’insuffisance de l’assainissement et la pollution de l’air intérieur constituent de
graves menaces pour la santé des enfants. La pollution associée aux activités industrielles
passées et présentes, y compris l’exposition aux matières toxiques et aux déchets dangereux,
représente une menace particulièrement complexe pour la santé, et a souvent des effets
longtemps après l’exposition.
39.
Les changements climatiques, la perte de biodiversité et la dégradation des
écosystèmes font obstacle à la réalisation du droit des enfants à la santé. Ces facteurs
environnementaux agissent souvent les uns sur les autres, aggravant les disparités existantes
en matière de santé. Par exemple, la hausse des températures provoquée par les changements
climatiques augmente le risque de maladie à transmission vectorielle et de zoonose et les
concentrations de polluants atmosphériques qui portent atteinte au développement du cerveau
et des poumons, et aggravent les affections respiratoires. Les changements climatiques, la
pollution et les substances toxiques sont autant de facteurs clefs de la perte alarmante de
biodiversité et de la dégradation des écosystèmes dont dépend la santé humaine.
Ils provoquent en particulier une réduction de la diversité microbienne, essentielle au
développement du système immunitaire des enfants, et une augmentation de la prévalence
des maladies auto-immunes, qui ont des effets à long terme.
40.
La pollution de l’air et de l’eau, l’exposition à des matières toxiques, y compris les
engrais chimiques, la dégradation des sols et des terres et d’autres types d’atteintes à
l’environnement entraînent une augmentation de la mortalité des enfants, en particulier des
enfants de moins de 5 ans, et contribuent à la prévalence des maladies ainsi qu’à l’altération
du développement cérébral et aux déficits cognitifs qui en découlent. Les effets des
changements climatiques, notamment la pénurie d’eau, l’insécurité alimentaire, les maladies
à transmission vectorielle et les maladies d’origine hydrique, l’intensification de la pollution
atmosphérique et les traumatismes physiques liés à des phénomènes soudains comme à des
phénomènes à évolution lente, touchent les enfants de manière disproportionnée9.
41.
Une autre préoccupation concerne la situation psychosociale et l’état de santé mentale
actuels et futurs des enfants résultant des dommages environnementaux, y compris les
phénomènes liés aux changements climatiques. Le lien clairement établi entre les dommages
environnementaux et des problèmes de santé mentale comme la dépression et l’écoanxiété
chez les enfants impose aux autorités chargées de la santé publique et de l’éducation de mettre
d’urgence en place des programmes d’intervention et de prévention.
9
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Par exemple, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Sixième rapport
d’évaluation, Résumé à l’intention des décideurs, figure SPM.1 ; les données montrent les effets
disproportionnés, cumulatifs et à long terme des changements climatiques sur les personnes nées
en 2020.
GE.23-11144