CEDAW/C/GC/36
adaptés aux besoins particuliers des personnes touchées par diverses formes de
handicap ;
h)
Prévoir, dans l’esprit de l’article 4 relatif aux mesures temporaires
spéciales, des incitations propres à attirer et former des éducateurs spécialisés à
tous les niveaux de l’enseignement ;
i)
Lutter contre la discrimination exercée à l’encontre des femmes et
filles lesbiennes, bisexuelles, transgenres et intersexuées en veillant à ce que des
initiatives soient mises en place pour lever les obstacles entravant leur accès à
l’éducation.
Accès à l’éducation dans les situations de conflit et de catastrophe naturelle
47. Il est un autre facteur qui limite l’accès des filles et des femmes à l’éducation,
à savoir l’effondrement total des infrastructures fournissant des services publics en
raison de conflits armés, ce qui empêche la population de bénéficier de services
essentiels. Dans les zones touchées par un conflit, les écoles sont fermées à cause de
l’insécurité, occupées par les forces armées ou des groupes armés non étatiques, ou
détruites, empêchant les filles d’aller à l’école. Dans sa recommandation générale
n o 30 sur les femmes dans la prévention des conflits, les conflits et les situations
d’après conflit, le Comité a noté que parmi les autres facteurs empêchant les filles de
recevoir une éducation figurent les attaques ciblées et les menaces dont elles et leurs
enseignants font l’objet de la part d’acteurs non étatiques, ainsi que le fait qu’elles
soient obligées de s’occuper de leur famille et de travaux domestiques.
48. Selon la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les
attaques, les établissements d’enseignement ont été utilisés dans des conflits dans au
moins 24 pays sur quatre continents entre 2005 et 2012. Outre les risques de décès ou
de blessures graves en cas d’attaque, les étudiants qui fréquentent des écoles occupées
par des troupes ou des forces armées peuvent être exposés à des violences physiques
ou sexuelles, les filles étant plus vulnérables que les garçons à cet égard. La présence
d’hommes en armes dissuade souvent les familles d’envoyer leurs filles à l’école, de
crainte qu’elles ne soient victimes de violences sexuelles ou ne fassent l ’objet de
harcèlement sexuel. Aussi, décident-elles souvent de les marier à un âge précoce,
pensant que cela leur assurera une certaine protection. Globalement, les attaques
dirigées contre des lieux d’enseignement et l’utilisation d’écoles et d’universités par
des militaires ou des groupes armés ont des incidences disproportionnées ou
discriminatoires sur les filles et les femmes.
49. Les femmes et les enfants constituent les groupes les plus vulnérables en cas de
catastrophe naturelle. La destruction ou l’utilisation d’écoles comme refuges pour les
familles affectées a de graves conséquences en termes d ’accès à l’éducation, qui se
traduisent notamment par la perte de temps d’instruction et des taux élevés de
décrochage scolaire.
50. Le Comité recommande aux États parties de mettre en œuvre les mesures
suivantes dans les situations de conflit et de catastrophe naturelle, afin de
minimiser leurs répercussions sur l’accès des femmes et des filles à l’éducation
et de protéger leur droit à l’éducation et à la sécurité :
a)
Adopter des textes de loi, revoir les pratiques et politiques militaires
et organiser des formations en vue d’interdire aux forces armées et groupes
armés nationaux d’utiliser ou d’occuper des écoles, des enceintes scolaires ou
tout autre structure et établissement d’enseignement d’une manière contraire au
droit international humanitaire et/ou au droit à l’éducation inscrit dans le droit
international des droits de l’homme ;
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