CEDAW/C/GC/36 étudiants et enseignants masculins et féminins au sein des établissements d’enseignement. Cet aspect de l’égalité est particulièrement important, car la société façonne et reproduit les inégalités fondées sur le sexe par le truchement des institutions sociales, et les établissements d’enseignement jouent à cet égard un rôle crucial. Au lieu de s’attaquer aux normes et pratiques discriminatoires sexistes bien enracinées, l’école, dans de nombreuses sociétés, renforce les stéréotypes sexistes et maintient l’ordre sexospécifique en reproduisant les hiérarchies hommes -femmes et les liens de domination et subordination, ainsi que les dichotomies reproduction production et privé-public. 17. L’éducation en tant que vecteur de droits s’intéresse à la manière dont l’école forge les droits et l’égalité des sexes dans les aspects de la vie qui se situent en dehors de la sphère de l’éducation. L’absence de tels droits est particulièrement criante lorsque l’éducation, qui devrait être porteuse de changement, ne permet pas d ’obtenir des avancées significatives concernant la condition des femmes au plan social, culturel, politique et économique, ce qui les prive de la pleine jouissan ce des droits qui sont les leurs dans ces domaines. L’une des questions majeures est ici de savoir si les diplômes ont la même valeur et la même utilité sociale pour les femmes que pour les hommes. Lorsque l’on examine la situation à l’échelon mondial, il apparaît que, bien souvent, les hommes occupent de meilleurs postes que les femmes même lorsque leur niveau d’instruction est inférieur. 18. Le but de la présente recommandation générale est de faire en sorte que les disparités régionales et les inégalités au sein d’un même pays, qui reposent sur les formes multiples et croisées de discrimination empêchant les filles et les femmes d’exercer leur droit d’accès à l’éducation, leurs droits dans l’espace éducatif et les droits que leur confère l’éducation, soient prises en considération et, in fine, éliminées. Elle étend l’article 10 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et le relie à tous les autres articles et aux recommandations générales existantes afin d’établir une corrélation entre le droit à l’éducation et l’exercice d’autres droits consacrés dans la Convention. 19. Cette recommandation générale s’adresse à tous les représentants de l’État chargés d’élaborer et mettre en œuvre des décisions juridiques et politiques relatives à l’enseignement public et privé, à tous les niveaux : professeurs universitaires et chercheurs, étudiants, enseignants et associations de parents, organismes administratifs et organisations non gouvernementales œuvrant en faveur de l’éducation des femmes et des filles, organisations traditionnelles et confessionnelles, médias, entreprises et syndicats. V. Lutte contre la discrimination fondée sur le sexe dans l’éducation 20. La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes constitue la déclaration internationale des droits des femmes et tient lieu d’instrument international contraignant pour les 189 États qui, en juin 2017, l ’ont ratifiée. Son article 10 porte sur le droit des femmes et des filles à l’éducation ; les États parties sont invités à « prendre toutes les mesures appropriées pour éliminer la discrimination à l’égard des femmes afin de leur assurer des droits égaux à ceux des hommes en ce qui concerne l’éducation » et, ainsi, à mettre fin à la discrimination exercée à l’encontre des femmes dans le domaine de l’éducation tout au long de la vie et à tous les niveaux de l’enseignement. Pour satisfaire au critère de nondiscrimination, l’éducation doit être accessible, en droit et en pratique, à toutes les filles et femmes, y compris celles appartenant à des catégories défavorisées et marginalisées, sans discrimination fondée sur l’un quelconque des motifs proscrits. 17-19774 5/27

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