CEDAW/C/GC/36
entraver la réussite scolaire des filles. Un environnement scolaire défavorable,
caractérisé par exemple par l’insuffisance d’installations sanitaires séparées pour les
filles et les garçons, l’absence de formation ou d’empathie du personnel, le manque
de produits d’hygiène appropriés et le défaut d’information sur les questions de
puberté et de menstruation, contribue à l’exclusion sociale des filles, les amène à
moins participer et moins s’intéresser à l’apprentissage, et fait baisser leur
fréquentation scolaire.
31. Le Comité recommande aux États parties de prendre les mesures suivantes
pour garantir la disponibilité d’installations physiques propres à assurer
l’éducation des filles et des femmes :
a)
Prévoir des ressources budgétaires, humaines et administratives
suffisantes afin que des dispositions appropriées puissent être mises en place
dans l’enseignement primaire et secondaire pour accueillir toutes les filles des
différentes cohortes d’âge ;
b)
Corriger les déséquilibres budgétaires en termes de crédits alloués aux
groupes de filles et femmes défavorisés et marginalisés, fondés sur la situation
socioéconomique, le lieu de résidence, l’origine ethnique, l’identité sexuelle et les
convictions religieuses ;
c)
Adopter des mesures temporaires spéciales allant dans le sens de
l’article 4 de la Convention, afin d’accroître le nombre d’enseignants qualifiés,
en particulier de sexe féminin, dans les établissements où le corps enseignant est
majoritairement masculin, y compris par l’organisation d’une formation
appropriée et continue ;
d)
Surveiller la mise en œuvre du droit des filles et des femmes à
l’éducation en recueillant périodiquement, à tous les niveaux de l’enseignement,
des données ventilées selon le sexe, le lieu de résidence, l’âge, le type
d’établissement scolaire et le groupe ethnique sur l’accès à l’éducation,
notamment les indicateurs suivants : nombre de femmes et d’hommes inscrits
dans les différents niveaux d’enseignement par rapport à la population d’âge
scolaire ; taux de rétention, d’abandon, de fréquentation et de redoublement ;
nombre moyen d’années de scolarisation pour les filles et les garçons ; passage
d’un niveau à l’autre (du préscolaire au primaire, du primaire au secondaire et
du secondaire au supérieur ou au professionnel), nombre d’enseignants
masculins et féminins (parité) et taux d’alphabétisation des femmes et des
hommes dans différentes tranches d’âge. Ces informations doivent être mises à
profit pour éclairer les décisions à prendre, les politiques à définir et les rapports
périodiques à présenter au Comité concernant les obstacles que rencontrent les
filles et les femmes dans l’accès à l’éducation ;
e)
Adopter des stratégies visant à encourager et suivre les inscriptions
dans les écoles, la fréquentation scolaire, la poursuite des études et la réinsertion
après un décrochage scolaire, sur la base de données ventilées ;
f)
Améliorer les installations sanitaires en prévoyant des toilettes et
sanitaires séparés pour les garçons et les filles dans tous les établissements
scolaires, ainsi qu’un accès à l’eau potable.
32. Le Comité recommande aux États parties de prendre les mesures suivantes
pour garantir l’accès des filles et des femmes à l’éducation :
a)
Veiller à ce que les filles et les femmes qui vivent dans les zones rurales
et reculées aient accès à l’éducation, conformément aux articles 4 et 14 d) de la
Convention et, le cas échéant, adopter des mesures temporaires spéciales pour
défendre leur droit à l’éducation ;
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