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Plate-forme des droits des filles

Les droits des filles sont des droits humains : placer les filles au cœur de l'agenda international

Un message de la part du PDG de Plan International

Construire la plate-forme des droits des filles

Les droits des filles sont des droits humains, non ? Tout le monde le sait. Alors pourquoi faut-il les défendre ? Qu'est-ce qu'elles ont de spécial ?

Bien que de nombreuses lois internationales protègent les droits de tous les êtres humains, il y en a peu qui mentionnent spécifiquement les filles. Pourtant, quelle que soit la méthode de traitement des données, quelles que soient les sources d’information choisies, les filles sont toujours le groupe le plus marginalisé de la planète. Elles sont atteintes sur deux fronts : celui de l'âge et celui du genre, et arrivent après les garçons dans l'éducation, le travail, la santé et la vie familiale. Si on ajoute la pauvreté, l'appartenance ethnique et/ou le handicap à tout ça, le problème s'amplifie. Toujours pas convaincu ? Alors arrête juste une seconde, et absorbe ces statistiques. 32 millions de filles en âge d'être à l'école ne sont pas scolarisées dans le monde entier. C'est plus que la population entière de l'Australie et de la Nouvelle Zélande combinées. Chaque jour 41 000 filles sont forcées de se marier. C'est comme si on remplissait chaque jour le stade du club de Chelsea avec des jeunes filles mariées avant l'âge de 18 ans – presque 15 millions par an.

Les filles rencontreront plus de difficultés que les garçons tout au long de leur jeunesse, et n'étant pas spécifiquement reconnues dans le droit international, elles deviennent effectivement invisibles. Même la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et la Convention relative aux droits de l'enfant (CRC) – deux documents extrêmement importants pour la protection et la promotion des droits des filles au regard de la loi – font très peu référence aux filles spécifiquement.

Pour mieux comprendre cette question, et placer les filles au cœur de l'agenda international, Plan International a lancé la Plate-forme des droits des filles. Cette base de données sur les droits humains est la plus complète et la plus facilement consultable au monde, avec plus de 1400 documents de droit international. Nous espérons que la Plate-forme des droits des filles va devenir la ressource en ligne des diplomates, des ONG, des activistes et des chercheurs – un guichet unique pour les informations sur les droits des filles. C'est également un centre de formation pour aider à en savoir plus et à comprendre ces questions fondamentales.

En même temps que le lancement de cette plate-forme des droits des filles, Plan International a publié une étude approfondie du statut des filles dans le droit international. Le rapport « Les droits des filles sont des droits humains » plonge dans ces documents de droit international et fait ressortir les lacunes et les failles qui ont des répercussions sur les filles. Ce qu'on y apprend est étonnant.

Les « réserves » par exemples. Ce sont les échappatoires des conventions et traités internationaux. Elles permettent à des États de ne pas adhérer à des parties de traités ou de conventions clés avant de les signer. Ces États remportent des éloges pour avoir signé les traités mais sans être tenus de mettre en pratique quoi que ce soit qui ne leur plaît pas. Sans surprise, la plupart des réserves en rapport avec les filles servent à leur refuser l'accès à la santé et aux droits sexuels et reproductifs. Le refus de l'égalité dans le mariage et la vie familiale est aussi répandu. Ces réserves sont souvent justifiées par les États sur les principes de différences religieuses ou culturelles, mais quelle que soit la raison, elles affaiblissent le contrôle des filles sur leur propre vie et sur leur propre corps. Même les Objectifs de développement durable ont attiré un grand nombre de réserves. Les titres ont annoncé que 193 chefs d' État ont signé pour l'ambition de ces objectifs, mais on ne dit pas grand-chose des nombreuses réserves posées sur le sujet de l'avortement et du genre, par exemple.

En tant que leader mondial sur les droits des filles, Plan International appelle la communauté internationale à mettre le sort des filles sur le devant de la scène. Il nous faut, plus que jamais, articuler les droits et les besoins des filles et exposer le problème de la discrimination basée sur l'âge – et le genre – aux yeux de tous.

Nous voulons que les États :

  • S'attaquent au problème de la double peine de la discrimination basée sur le genre et l'âge et s'engagent à la concrétisation des droits des filles.
  • Prennent des mesures pour faire le pont entre les droits des femmes et ceux des enfants, qui rendent les filles invisibles actuellement, en renforçant la législation et en comblant les lacunes du droit international.
  • Garantissent que les normes et les cadres de la production des futures politiques et accords internationaux reflètent mieux les défis qui attendent les filles.
  • Se conforment aux normes internationales qui font avancer les droits des filles.

À moins d'opérer ces changements les filles dans le monde entier continueront à glisser dans les failles de nos lois et nos traités internationaux et à être privées de leurs droits. L'absence de droits et de protection des filles dans le droit international ne peut pas continuer d'être la norme.

Anne-Birgitte Albrectsen, PDG de Plan International, organisation pour les droits des enfants