A/HRC/50/25
46.
Divers pays du monde entier ont institué des obstacles juridiques à la liberté
d’expression sur les questions liées à la diversité des orientations sexuelles et des identités
de genre. À la fin de 2020, de telles entraves existaient dans au moins 42 États Membres,
notamment sous la forme d’interdictions de diffuser une supposée « idéologie du genre »38.
En outre, les lois qui criminalisent le fait d’être lesbienne, gay, bisexuel, transgenre,
intersexe, queer ou autre entravent considérablement l’action militante des filles et des jeunes
femmes qui appartiennent à cette communauté, puisqu’elles obligent nombre d’entre elles à
garder le silence ou les empêchent de créer leurs propres organisations et mouvements.
47.
Différents types d’obstacles juridiques ont trait au manque de reconnaissance
juridique des femmes et des filles immigrantes sans papiers, réfugiées et apatrides. De même,
le manque de reconnaissance des droits des peuples autochtones dans certains pays rend la
participation des filles et des jeunes femmes autochtones à la vie publique presque
impossible, et les lois interdisant de se couvrir le visage dans les espaces publics peuvent
empêcher les jeunes femmes et les filles d’origine musulmane de participer à la vie publique
et politique.
48.
Les filles et les jeunes femmes ont également de grandes difficultés à accéder à des
informations concernant leurs droits humains et les mécanismes dont elles disposent pour
obtenir une protection contre les violations de ces droits et des réparations en cas de
violation ; parfois, il n’existe pas de forme de réparation particulière pour des actes comme
le harcèlement et la violence en ligne. Il n’y a pas suffisamment de procédures et de sources
d’information, de conseil et d’assistance, notamment juridique, qui soient efficaces et
adaptées à l’âge et au genre, et il n’est pas aisé d’accéder à des mécanismes indépendants
d’examen de plaintes, y compris à l’échelle des juridictions. Cela conduit souvent à une
situation d’impunité généralisée, où très peu de cas sont portés à l’attention de la justice et
des autres autorités compétentes. Lorsque de telles violations sont perpétrées par des acteurs
étatiques, il existe un sentiment de méfiance vis-à-vis de l’État, qui empêche encore
davantage les filles et les jeunes femmes de demander justice et oblige certaines d’entre elles
à limiter considérablement leurs activités militantes ou à y renoncer.
6.
Insuffisance, inadéquation et rigidité des sources de financement
49.
À l’échelle mondiale, les organisations de femmes et les programmes relatifs aux
femmes et aux filles sont sous-financés de manière disproportionnée 39 . Les ressources
financières consacrées à l’action en faveur de la réalisation des droits des femmes ont
considérablement diminué ces dernières années et, dans les situations de crise, elles font
partie des premières à être réduites, même s’il y a un besoin énorme de fonds de protection
d’urgence pour les jeunes femmes et les filles40. Il est d’autant plus difficile pour ces dernières
d’obtenir des fonds pour financer leurs activités militantes que : leurs organisations ne sont
pas toujours enregistrées ; il y a peu de ressources de base spécialement destinées à leurs
activités, de façon constante et flexible ; il est difficile de recueillir des fonds pour des entités
non enregistrées dirigées par des filles et des jeunes ; il est impossible d’ouvrir un compte
bancaire pour recevoir des fonds en dessous d’une certaine limite d’âge ; elles n’ont pas
toujours assez de capacités organisationnelles, ni les compétences, le temps et l’aide
nécessaires pour élaborer des propositions et répondre aux exigences des donateurs. De plus,
selon une enquête menée auprès d’organisations de jeunes féministes, il y a un décalage entre
les combats prioritaires de ces organisations et les centres d’intérêts des donateurs41. Les
mécanismes de financement existants sont trop rigides : ils ne reconnaissent pas et n’appuient
pas les approches intersectionnelles adoptées par de nombreux mouvements de filles et de
jeunes femmes et s’inscrivent plutôt dans une vision cloisonnée des questions relatives aux
droits humains. Ainsi, il arrive que les organisations et mouvements de jeunes féministes
38
39
40
41
14
Voir ILGA World, State-sponsored Homophobia. Global Legislation Overview Update (Rapport sur
l’homophobie d’État, 2020).
Voir A/75/184.
Voir A/HRC/40/60 et A/HRC/47/38.
Voir FRIDA ǀ The Young Feminist Fund, « Brave, creative, resilient: the global state of young
feminist organizing » (2017).
GE.22-06906
Seleccionar párrafo de destino3
Conectar a un párrafo
Connect to an entity
Disable highlights
Añadir a la tabla de contenidos