CERD/C/GC/36 45. L’éducation et la formation relatives aux droits de l’homme sont indispensables pour garantir l’absence de discrimination de la part des policiers. Les institutions nationales des droits de l’homme, en coopération avec les organisations de la société civile, peuvent jouer un rôle central dans la formation des représentants de la loi, dans l’audit des nouveaux outils technologiques qui peuvent être porteurs de discrimination et dans la détection des autres risques qui peuvent survenir en pratique35. C. Mesures liées au recrutement 46. Les États devraient veiller à ce que les organes concourant à l’application de la loi élaborent des stratégies de recrutement, de maintien en fonction et d’avancement qui contribuent à des effectifs diversifiés qui reflètent la composition de la population. Ces stratégies peuvent consister à fixer des quotas internes et à élaborer un programme de recrutement auprès des minorités ethniques. C’est un moyen possible d’influencer la culture des services concernés et l’attitude de leur personnel de manière à favoriser des décisions plus objectives. 47. Les États devraient veiller à ce que les organes concourant à l’application de la loi évaluent régulièrement les politiques de recrutement et de promotion et, si nécessaire, adoptent des mesures spéciales temporaires pour remédier efficacement à la sous-représentation des diverses minorités nationales ou ethniques et des groupes qui subissent des formes de discrimination intersectionnelles tenant, entre autres, à la religion, au sexe et au genre, à l’orientation sexuelle, au handicap et à l’âge. D. Police de proximité 48. Les États devraient veiller à ce que les organes concourant à l’application de la loi conçoivent des stratégies efficaces de dialogue avec les personnes et les groupes exposés à la discrimination raciale qui tiennent compte du contexte, de la dynamique et des besoins propres aux différents groupes concernés, ce qui doit contribuer à améliorer la communication et à atténuer le climat de méfiance et le recours au profilage racial. Le dialogue entre la police et les populations ne devrait pas se limiter aux responsables communautaires, car certains groupes, dont les femmes, sont souvent sous-représentés au niveau des instances communautaires et peuvent nécessiter des mesures de sensibilisation précises et adaptées. Les jeunes que la police cible le plus souvent constituent un exemple fondamental à cet égard. 49. Les États devraient adopter des mesures pour veiller à ce que l’information communiquée au public par la police et les autres organes concourant à l’application de la loi repose sur des statistiques fiables et objectives et ne perpétuent pas des stéréotypes et des préjugés à l’égard de groupes ethniques qui sont en butte à la discrimination. En outre, les États devraient s’abstenir de publier des données personnelles sur des délinquants présumés qui soient liées à la race, la couleur, l’ascendance ou l’origine nationale ou ethnique supposées de ces personnes, sauf si cette publication est strictement nécessaire et sert un objectif légitime, comme dans le cas d’un avis de recherche. E. Données ventilées 50. Les États devraient recueillir et analyser régulièrement des données quantitatives et qualitatives ventilées sur les pratiques pertinentes des autorités concourant à l’application de la loi, notamment sur les contrôles d’identité, les contrôles routiers et les mesures de fouille aux frontières, comportant des renseignements sur les motifs interdits de discrimination raciale, y compris sous ses formes intersectionnelles, ainsi que les motifs pour lesquels les représentants de la loi ont agi et l’issue des incidents. Les statistiques anonymisées issues de ces pratiques devraient être rendues publiques et débattues avec les groupes concernés au niveau local. Les données devraient être recueillies conformément aux normes et aux 35 GE.20-17272 Contribution du Nicaragua. 11

Seleccionar párrafo de destino3