A/HRC/RES/57/3
Rappelant sa trente et unième session extraordinaire consacrée à la situation des droits
de l’homme en Afghanistan et les graves préoccupations qu’elle suscite, et ses résolutions
S-31/1 du 24 août 2021, 48/1 du 7 octobre 2021, par laquelle il a créé le mandat de Rapporteur
spécial chargé de suivre l’évolution de la situation des droits de l’homme en Afghanistan,
50/14 du 8 juillet 2022, 51/20 du 7 octobre 2022 et 54/1 du 11 octobre 2023, ainsi que toutes
les résolutions pertinentes adoptées par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité sur la
situation en Afghanistan, sur les enfants en temps de conflit armé et sur les femmes, la paix
et la sécurité,
Rappelant également les déclarations du Secrétaire général, du Haut-Commissaire des
Nations Unies aux droits de l’homme, de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour
l’Afghanistan et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan, de la
Directrice exécutive de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et
l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes) et de la Représentante spéciale du Secrétaire
général pour la question des enfants et des conflits armés, et celles de plusieurs titulaires de
mandat au titre de ses procédures spéciales et d’organes conventionnels concernant les
signalements de violations des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits en Afghanistan,
notamment celles commises par les Taliban, ainsi que l’évaluation indépendante de la
situation en Afghanistan menée par le Coordonnateur spécial, dans laquelle est présentée une
feuille de route aux fins d’un dialogue avec les Taliban, axée sur les résultats et assorties de
critères de référence permettant de mesurer les progrès accomplis1,
Rappelant en outre les solutions envisageables pour établir les responsabilités en ce
qui concerne les violations des droits de l’homme et les atteintes à ces droits commises en
Afghanistan et les processus pertinents dont le Haut-Commissariat des Nations Unies aux
droits de l’homme a donné un tour d’horizon dans son rapport sur la situation des droits de
l’homme en Afghanistan, qui lui a été présenté à sa cinquante-septième session, et les
principes généraux énoncés dans ce rapport au sujet de l’établissement des responsabilités2,
Profondément préoccupé par la détérioration de la situation des droits de l’homme en
Afghanistan, en particulier par les violations des droits de l’homme et atteintes à ces droits
et les violations du droit international humanitaire qui continuent d’être perpétrées,
notamment celles qui visent de manière systématique les femmes et les filles, et celles qui
donnent lieu à des exécutions sommaires ou extrajudiciaires, des détentions arbitraires, des
déplacements forcés, des châtiments collectifs, des traitements cruels, inhumains ou
dégradants infligés à des détenus, des actes de violence sexuelle et fondée sur le genre, des
actes de violence contre des manifestants pacifiques, des représailles et des descentes dans
les bureaux d’organisations non gouvernementales et de groupes de la société civile, et par
les violations des droits humains de toutes les femmes, d’enfants, de personnes âgées, de
journalistes, de professionnels des médias, de défenseurs des droits de l’homme et de
membres de leur famille, d’avocats, de juges, de procureurs, de détenus, de personnes
déplacées dans le pays, d’anciens agents de l’État et d’anciens membres des forces armées,
de travailleurs de la culture et de musiciens, de membres de minorités ethniques et religieuses,
de personnes appartenant à d’autres groupes vulnérables ou marginalisés et de personnes en
situation de vulnérabilité, et atteintes à ces droits commises par les Taliban et d’autres acteurs,
Alarmé par les conclusions tirées par la Mission d’assistance des Nations Unies en
Afghanistan dans le cadre de ses activités de surveillance de la situation des droits de
l’homme et d’établissement de rapports,
Exprimant sa vive préoccupation face à l’oppression grave, accentuée, généralisée et
systématique de toutes les femmes et toutes les filles en Afghanistan par les Taliban qui,
comme en a fait état le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en
Afghanistan3, ont mis en place un système institutionnalisé de discrimination, de ségrégation,
de non-respect de la dignité humaine et d’exclusion visant les femmes et les filles par le biais,
entre autres, de prétendues lois telles que la récente « loi sur la promotion de la vertu et la
prévention du vice », de règlements, de politiques et de pratiques ciblant les femmes et les
1
2
3
2
S/2023/856, annexe.
A/HRC/57/22.
Voir A/HRC/56/25.
GE.24-18690