A/HRC/RES/39/6
s’agissant de renforcer la responsabilité des autorités et de favoriser l’existence d’une
société pacifique et ouverte à tous, seulement soumise à des exceptions limitées et
clairement définies dans les cadres juridiques nationaux, dont l’autorisation judiciaire,
conformément aux obligations des États au regard du droit international des droits de
l’homme ;
14.
Souligne qu’à l’ère du numérique, les journalistes doivent pouvoir disposer
d’outils de chiffrement et de protection de l’anonymat pour être à même de pratiquer
librement leur profession et d’exercer leurs droits de l’homme, en particulier leurs droits à
la liberté d’expression et à la vie privée, notamment pour sécuriser leurs communications et
protéger la confidentialité de leurs sources, et à cet égard, demande aux États de respecter
leurs obligations au regard du droit international des droits de l’homme et de ne pas
commettre d’ingérence dans l’utilisation de telles technologies, et de s’abstenir d’employer
des procédés de surveillance illicites ou arbitraires, y compris par intrusion informatique ;
15.
Demande aux États de lutter contre la discrimination à l’égard des femmes,
notamment contre la violence sexiste, les menaces, l’intimidation, le harcèlement et
l’incitation à la haine dirigés contre des femmes journalistes, en ligne et hors ligne, dans le
cadre d’une politique générale visant à promouvoir et protéger les droits fondamentaux des
femmes, à mettre fin aux inégalités subies par les femmes et à s’attaquer aux stéréotypes
sexistes dans la société ;
16.
Invite les États et tous les autres acteurs concernés à saisir l’occasion de la
proclamation du 2 novembre Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes
commis contre des journalistes pour faire œuvre de sensibilisation sur la question de la
sécurité des journalistes et lancer des initiatives concrètes à cet égard ;
17.
Souligne le rôle important que les entreprises de médias peuvent jouer pour
ce qui est d’assurer à leurs journalistes et autres professionnels une protection appropriée,
de les sensibiliser aux risques, d’assurer la sécurité de leurs données numériques et de leur
fournir une formation et des conseils qui les aident à se protéger eux-mêmes, s’agissant en
particulier des journalistes qui effectuent des missions dangereuses, en plus de leur fournir
des équipements de protection et de les assurer, si nécessaire ;
18.
Reconnaît la contribution importante de la promotion et de la protection de la
sécurité des journalistes à la réalisation de la cible 16.10 des objectifs de développement
durable, et invite les États à renforcer la collecte, l’analyse et la publication au niveau
national de données sur le nombre de cas avérés de meurtres, d’enlèvements, de disparitions
forcées, de détentions arbitraires et d’actes de torture dont ont été victimes des journalistes
et des personnes travaillant dans les médias, conformément à l’indicateur 1 de la cible
susmentionnée, et de faire tout leur possible pour communiquer ces données aux instances
concernées, en particulier au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme
et à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture ;
19.
Souligne qu’il faut renforcer la coopération et la coordination au niveau
international, notamment en offrant une assistance technique et en contribuant au
renforcement des capacités, en vue d’assurer la sécurité des journalistes, et encourage les
mécanismes et organes des droits de l’homme nationaux, sous-régionaux, régionaux et
internationaux, y compris les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales
concernées du Conseil des droits de l’homme, les organes conventionnels et les institutions
nationales des droits de l’homme à continuer de traiter, dans le cadre de leur mandat, des
aspects pertinents de la sécurité des journalistes dans l’exercice de leur profession ;
20.
Invite les institutions, fonds et programmes des Nations Unies, les autres
organisations internationales et régionales, les États Membres et toutes les parties prenantes
compétentes, lorsqu’il y a lieu et dans le cadre de leur mandat, à continuer de coopérer pour
promouvoir la sensibilisation et pour mettre en œuvre le Plan d’action des Nations Unies
sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité et, à cette fin, demande
également aux États de coopérer avec les entités compétentes des Nations Unies, en
particulier l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, les
titulaires de mandat au titre des procédures spéciales concernées du Conseil des droits de
l’homme et les mécanismes internationaux et régionaux de protection des droits de
l’homme ;
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GE.18-16414