A/HRC/RES/45/19
d’opposition, des représentants de la société civile, des défenseurs des droits de l’homme,
des manifestants, des journalistes, des blogueurs et autres travailleurs des médias, et
condamne également les lourdes restrictions imposées aux libertés fondamentales, en
particulier aux libertés d’opinion et d’expression, de réunion pacifique et d’association, qui
contribuent à créer un climat de peur et d’intimidation au sein de la population ;
2.
Déplore que la campagne et l’élection se soient déroulées sans observateurs
internationaux, et prend note avec une profonde inquiétude des déclarations des
observateurs électoraux nationaux, en particulier celles de l’Église catholique du Burundi et
des partis d’opposition, qui se sont déclarés vivement préoccupés par les graves
irrégularités qui auraient entaché les opérations électorales, telles que des atteintes aux
libertés fondamentales, un climat d’intolérance politique, des affrontements violents entre
membres des partis politiques en lice, l’arrestation de nombreux opposants politiques et
l’absence de pluralité et d’indépendance politique de la Commission électorale nationale
indépendante ;
3.
Déplore également le rétrécissement de l’espace laissé aux activités
militantes des membres de la société civile et des citoyens durant la période préélectorale,
tous les actes de violence, de harcèlement, d’intimidation et de restriction des droits civils
et politiques et des libertés fondamentales et la tolérance à l’égard des messages de haine à
dimension politique et ethnique qui circulent sans restriction sur les médias sociaux, et
exprime sa profonde inquiétude face à l’arrestation et la détention arbitraires de défenseurs
des droits de l’homme, de journalistes, de blogueurs et de militants de la société civile et à
la criminalisation de leurs activités ;
4.
Prie instamment le Gouvernement burundais de lutter contre l’impunité dont
jouissent les auteurs de crimes graves, y compris des membres des forces de sécurité et de
la ligue de la jeunesse du parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la
démocratie − Forces pour la défense de la démocratie, connue sous le nom d’Imbonerakure,
qui se livrent à des exécutions extrajudiciaires, arrêtent arbitrairement des personnes et
menacent et harcèlent les opposants politiques présumés dans tout le pays ;
5.
Condamne l’impunité généralisée pour toutes les violations des droits de
l’homme et atteintes à ces droits et les crimes connexes, tout en constatant que deux
poursuites récentes ont abouti à la déclaration de culpabilité de membres de
l’Imbonerakure, du Conseil national pour la défense de la démocratie − Forces pour la
défense de la démocratie, de l’administration locale et de la police ;
6.
Demande de nouveau aux autorités burundaises de garantir l’égalité d’accès à
la justice pour tous, de mener des enquêtes complètes, impartiales, indépendantes, efficaces
et approfondies sur toutes les violations des droits de l’homme et atteintes à ces droits, de
veiller à ce que, quelle que soit leur affiliation, les auteurs d’infractions aient à répondre de
leurs actes devant un tribunal, et d’offrir aux victimes des recours équitables, efficaces et
rapides, y compris une réparation adéquate ;
7.
Invite une nouvelle fois d’urgence le Gouvernement burundais à mettre
immédiatement fin à toutes les violations des droits de l’homme et atteintes à ces droits, et
à assurer le plein respect, la protection et la réalisation de tous les droits de l’homme et de
toutes les libertés fondamentales pour tous, y compris les libertés d’opinion et d’expression,
de réunion pacifique et d’association, à garantir la sécurité, l’intégrité physique et la
protection de sa population, à renforcer la séparation des pouvoirs fondée sur le contrôle
parlementaire et l’indépendance du pouvoir judiciaire, l’état de droit et la bonne
gouvernance, et à mettre fin à l’impunité pour toutes les violations des droits de l’homme et
atteintes à ces droits, y compris la violence sexuelle et fondée sur le genre, et prend acte des
premières mesures positives que le Gouvernement a prises depuis la récente élection ;
8.
Se déclare particulièrement préoccupé par les informations concernant des
violences sexuelles persistantes, y compris de viols, qui touchent principalement des femmes
et des filles mais aussi des hommes et des garçons, et qui visent à intimider, contrôler,
réprimer ou punir les victimes en raison de leurs opinions ou affiliations politiques supposées
ou réelles, ainsi que par la nature structurelle de ces violences, et demande au
Gouvernement burundais de prévenir de telles violations des droits de l’homme et atteintes à
ces droits, et de traduire les auteurs de tels actes en justice afin de lutter contre l’impunité ;
GE.20-13336
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