A/HRC/RES/53/18
cadre juridique ne permet pas de protéger efficacement les victimes, notamment les
personnes rescapées, et représente un obstacle à l’application du principe de responsabilité,
Constatant que toutes les femmes et toutes les filles ont été touchées de manière
disproportionnée par la crise et continuent d’être parmi les plus touchées, pour de multiples
raisons, notamment du fait que de nombreuses femmes sont devenues le principal ou le seul
soutien de famille, situation qui est souvent exacerbée par la disparition forcée d’hommes de
leur famille, l’accroissement de leurs responsabilités en matière de soins à autrui et les
niveaux de violence alarmants qu’elles subissent chez elles et dans la société en général,
Rappelant les remarques de la précédente Haute-Commissaire des Nations Unies aux
droits de l’homme concernant les effets sans pareil que le problème des disparitions forcées
et des personnes portées disparues ou détenues arbitrairement, qui dure depuis longtemps, a
sur les Syriennes2,
Prenant note avec préoccupation des conclusions de la Commission d’enquête,
notamment de celles qu’elle a formulées dans le document intitulé « Gendered impact of the
conflict in the Syrian Arab Republic on women and girls » (Incidences particulières du conflit
en République arabe syrienne sur les femmes et les filles), selon lesquelles, tout au long du
conflit en République arabe syrienne, les femmes et les filles ont été prises pour cible en
raison de leur genre et ont subi d’autres préjudices du fait des obstacles à l’exercice de leurs
droits, notamment les droits en matière de propriété et de succession et le droit à la liberté
d’expression, et de l’absence d’accès à la justice et aux réparations pour les victimes et les
personnes rescapées de la violence sexuelle et fondée sur le genre,
Notant avec préoccupation que les femmes et les enfants syriens réfugiés et déplacés
sont touchés de manière disproportionnée par la perte de moyens de subsistance et par
d’autres effets des déplacements, dont les meurtres, les violences physiques, émotionnelles,
psychologiques et sexuelles, la négligence, les restrictions à la liberté de circulation, les
mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés, le travail des enfants et la
traite, en plus d’être souvent privés d’accès à la nourriture, à un enseignement de qualité, à
des moyens de subsistance, à des soins de santé, y compris mentale, à de bonnes conditions
d’hygiène, y compris menstruelle, et à des services de santé, ainsi qu’à des services liés à la
violence fondée sur le genre,
Notant avec une vive inquiétude que les femmes détenues se heurtent à des difficultés
supplémentaires au moment de leur libération en raison de la stigmatisation liée à la violence
sexuelle et fondée sur le genre, qui se soldent souvent par un divorce, la perte de documents,
la perte de la garde des enfants, ou encore des actes de harcèlement et de violence,
Réaffirmant que c’est aux parties au conflit armé qu’il incombe au premier chef de
prendre les mesures voulues pour faire la lumière sur le sort des personnes portées disparues
du fait des hostilités et de mettre en place des moyens appropriés pour pouvoir répondre aux
familles et communiquer avec elles au sujet des recherches, et rappelant la résolution 2474
(2019) du Conseil de sécurité, en date du 11 juin 2019, dans laquelle le Conseil a demandé
aux parties aux conflits armés de prendre les mesures voulues pour empêcher que des
personnes ne disparaissent du fait de ces conflits,
Réaffirmant qu’il est d’une importance cruciale que les femmes participent
pleinement, véritablement, sur un pied d’égalité, sans exclusion et en toute sécurité à tous les
efforts de paix, y compris en tant que dirigeantes, afin d’assurer une paix durable et de
contribuer à la prévention et au règlement des différends, ainsi qu’à l’action en faveur de la
paix, comme l’a souligné le Conseil de sécurité dans sa résolution 1325 (2000), du 31 octobre
2000, sur les femmes et la paix et la sécurité, et dans ses résolutions ultérieures,
Notant qu’il faut veiller à ce que les mesures visant à ce que justice soit faite et à ce
que les responsabilités soient établies pour tous les crimes commis en République arabe
syrienne par toutes les parties au conflit soient efficaces et inclusives et tiennent compte des
différents vécus, perspectives et priorités des nombreuses victimes et personnes rescapées, et
saluant à cet égard la stratégie relative aux questions de genre assortie d’un plan de mise en
œuvre (2022) du Mécanisme international, impartial et indépendant chargé de faciliter les
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www.ohchr.org/fr/statements/2022/04/update-general-assembly-missing-persons-syria.
GE.23-14115