A/HRC/RES/58/23
humains, et faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre ces données à la disposition
du Haut-Commissariat ;
10.
Se déclare à nouveau particulièrement préoccupé par la discrimination, la
marginalisation économique, la violence et le harcèlement systémiques et structurels subis
de manière disproportionnée par les défenseuses des droits humains dans différentes
situations et différents contextes, y compris la violence sexuelle et fondée sur le genre, ainsi
que la diffamation, la désinformation et les campagnes de dénigrement, aussi bien en ligne
que hors ligne, et demande de nouveau avec insistance aux États de prendre les mesures
énergiques et concrètes qui s’imposent pour protéger les défenseuses des droits humains et
de tenir compte des questions de genre dans l’action qu’ils mènent pour instaurer un climat
de sécurité et des conditions propices à la défense des droits humains ;
11.
Condamne sans équivoque les attaques commises en ligne contre les femmes
et les filles, notamment la violence sexuelle et les abus sexuels et fondés sur le genre qui se
produisent par l’entremise de la technologie ou sont amplifiés par elle, au nombre desquelles
figurent la divulgation malveillante d’informations personnelles, le recours au deepfake, la
traque et le harcèlement en ligne, et celles commises contre les femmes au moyen du partage
non consenti d’images intimes, que le contenu de celles-ci soit réel ou simulé, en particulier
lorsque des défenseuses des droits humains qui participent au débat public sont prises pour
cible parce qu’elles s’expriment, et demande que soient mises en place des approches tenant
compte des questions de genre qui soient adaptées à ces formes particulières de
discrimination et de harcèlement en ligne ;
12.
Demande aux États de créer et de maintenir un environnement favorable à la
participation pleine, égale et effective des organisations de femmes de la société civile et des
défenseuses des droits humains, en ligne comme hors ligne, notamment en réduisant les
fractures numériques entre les femmes et les hommes, celles entre les zones géographiques
et celles d’autre nature ;
13.
Souligne que toutes les entreprises, en particulier celles du secteur
technologique ou exerçant leurs activités en ligne, qu’elles soient transnationales ou non, ont
la responsabilité, conformément aux Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits
de l’homme, de respecter tous les droits humains, notamment les droits à la vie, à la liberté
et à la sécurité de la personne des défenseurs des droits humains, et de permettre à ces derniers
d’exercer leur droit à la liberté d’expression, leur droit de réunion pacifique et d’association
et leur droit de participer aux affaires publiques, lesquels sont essentiels pour la promotion et
la protection de tous les droits humains ;
14.
Engage les entreprises, notamment les fournisseurs de services de
communication et les entreprises de réseaux sociaux, à favoriser la mise en place de solutions
techniques permettant de garantir et de préserver la confidentialité des communications et
des transactions numériques, notamment des techniques de chiffrement, de
pseudonymisation et d’anonymisation, à veiller à ce que des garanties conformes aux droits
humains soient mises en place et à exercer une diligence raisonnable en matière de droits
humains, conformément aux Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de
l’homme, tout au long du cycle de vie et de la chaîne de valeur de leurs services et produits,
pour recenser, prévenir et éliminer les risques qui pourraient peser sur les défenseurs des
droits humains ;
15.
Prie le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme
d’organiser trois ateliers régionaux, y compris selon des modalités hybrides, afin que l’on y
évalue les risques que les technologies numériques font peser sur les défenseurs des droits
humains et les meilleures pratiques pour répondre à ces préoccupations dans différentes
régions, en tenant compte des modèles d’activités actuels et émergents, des fractures
numériques entre les femmes et les hommes, de celles entre les zones géographiques et de
celles d’autre nature ainsi que des différentes sensibilités, et en faisant participer la société
civile, les défenseurs des droits humains et le secteur privé ;
16.
Prie également le Haut-Commissariat d’établir un rapport contenant un résumé
de ces consultations, qui pourrait comprendre des recommandations sur l’exercice de la
diligence raisonnable et l’amélioration des mesures permettant d’atténuer les risques que les
technologies numériques font peser sur les défenseurs des droits humains, y compris ceux
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GE.25-05546