A/HRC/45/44 telles que la distanciation physique et les règles d’hygiène, sont pratiquement impossibles à faire respecter. Partout dans le monde, les personnes d’ascendance africaine sont surreprésentées à la fois parmi les détenus et parmi les morts de la COVID-19. Le fait de ne pas atténuer efficacement les risques dans les lieux de détention est une forme de discrimination raciale et d’injustice raciale. Des témoignages inquiétants mettent également en lumière un mépris des droits des personnes incarcérées, y compris le recours à des pratiques inhumaines comme la mise à l’isolement pour freiner la propagation du virus notamment dans des prisons américaines 28. 34. L’absence de méthode uniforme et universelle de ventilation des données aggrave les répercussions de la crise sur les personnes d’ascendance africaine. Au Pérou, bien que des données sur la race soient collectées selon le principe de l’autodéclaration par l’administration dans le cadre du recensement, la ventilation des données sur la COVID-19 ne permet pas d’isoler les statistiques relatives aux personnes afro-péruviennes. Le terme « afro-péruvien » a d’ailleurs été supprimé du texte définitif d’une loi adoptée le 30 mai 2020 parce qu’il n’y a pas d’obligation légale de recueillir des données ventilées par race. En Espagne, des représentants de la société civile ont fait état d’un manque de données ventilées par race et par ethnicité. Aux États-Unis, où des données ventilées sont couramment collectées, de nombreuses institutions ne conservent pas ou ne publient pas de statistiques ventilées par race sur la COVID-19 tant que le public ne les y contraint pas. Au Brésil, il n’est pas obligatoire de ventiler les décès liés à la COVID-19 par race, ce qui complique l’interprétation des indicateurs clefs. Abus d’autorité et préjugés raciaux B. 35. Le pouvoir discrétionnaire accordé aux personnes qui prennent des décisions, même lorsque les personnes concernées ont une autorité minimale, est un moteur important du racisme systémique. Lorsque ce pouvoir n’est pas contrebalancé, les préjugés peuvent jouer un rôle important, en particulier dans les décisions prises sous pression. Les mesures prises pour atténuer les préjugés raciaux dans la prise de décisions relatives à la COVID-19 n’ont pas été adaptées, comme le montrent les chiffres relatifs à la pandémie. 1. Préjugés raciaux et disparités raciales dans les infections à COVID-19, les traitements et la mortalité 36. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les données ventilées (lorsqu’elles sont disponibles) mettent en évidence de fortes disparités raciales qui ont eu des effets disproportionnés sur les personnes d’ascendance africaine. Dans sa déclaration du 6 avril 2020 sur la COVID-19, l’équité raciale et l’égalité raciale, le Groupe de travail a demandé qu’il soit immédiatement prêté attention aux risques disproportionnés encourus par les personnes d’ascendance africaine. Les disparités raciales sont particulièrement graves lorsque les personnes d’ascendance africaine et d’autres personnes n’ont pas un accès effectif aux soins de santé, ne sont pas considérées comme des travailleurs essentiels et ne peuvent se mettre en quarantaine, et le fait que ces personnes se heurtent à des préjugés lorsqu’elles cherchent à se faire soigner peut avoir exacerbé les risques. De nombreux États n’ont pas atténué les risques prévisibles. 37. Aux États-Unis, les infections à COVID-19 et les décès liés à la maladie font apparaître des disparités raciales marquées. Les personnes d’ascendance africaine de tous âges ont été plus exposées que les autres à l’infection. Leur taux d’infection est trois fois plus élevé que celui des Américains blancs, leur taux d’hospitalisation près de cinq fois plus élevé et leur taux de mortalité deux fois plus élevé29. De telles disparités ont également été observées au Royaume-Uni, où l’Office for National Statistics a constaté que les femmes et les hommes d’ascendance africaine avaient respectivement 4,3 et 4,2 fois plus de 28 29 10 Walter Palvo, « Bureau of Prisons using solitary confinement as a means to curb Covid-19 contagion », Forbes, 16 juillet 2020. Selon l’Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela), une mise à l’isolement d’une durée supérieure à quinze jours constitue un traitement cruel, inhumain et dégradant, qui relève de la torture. State of Black America Unmasked, National Urban League, 2020, p. 12 et 13. GE.20-10966

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