A/HRC/45/44 Groupe de travail a été informé qu’en Espagne, 70 % des personnes d’ascendance africaine interpellées par la police ont déclaré avoir été victimes d’un usage de la force ou de brutalités. Un jeune homme d’ascendance africaine qui se rendait à la pharmacie s’est vu infliger une amende et a été harcelé et menacé par la police alors qu’il défendait son droit d’acheter des médicaments. Des policiers ont empêché une femme d’ascendance africaine d’entrer dans un poste de police pour déposer une plainte, menaçant de la frapper, et ont pris une photo de sa plainte dans la rue. Un grand nombre de personnes harcelées par les forces de l’ordre ont déclaré ne plus quitter leur domicile, même pour des urgences, comme l’achat de nourriture ou de médicaments. Dans certains cas, les violences policières ont été filmées, ce qui figure également dans les raisons données pour justifier l’arrestation et la détention de témoins de violences policières. En Espagne, la police nationale a été qualifiée de principal auteur des violations des droits de l’homme, bien que d’autres entités chargées de faire respecter la loi aient également été impliquées dans des incidents. 42. Au Brésil, des représentants de la société civile ont informé le Groupe de travail d’une présence accrue de militaires dans les favelas, ce qui s’est traduit par une augmentation du nombre de morts et par l’accroissement de la violence. Ils ont indiqué qu’au cours des trois derniers mois, le nombre de personnes qui avaient été tuées par des policiers avait augmenté de 36 % et qu’il y avait parmi elles de nombreux enfants. Les Brésiliens d’ascendance africaine se plaignent de l’impunité qui règne et de leur manque d’accès à des voies de recours. En Colombie, des sources de la société civile font état d’une forte augmentation des violences policières et de l’application disproportionnée des restrictions liées à la COVID-19 à l’encontre des personnes d’ascendance africaine. 43. Le Groupe de travail a qualifié les meurtres d’Ahmaud Arbery, de George Floyd et de Breonna Taylor de tragédies qui évoquent la même terreur que celle que les lynchages aux États-Unis étaient censés inspirer, notant que l’histoire du maintien de l’ordre aux États-Unis a commencé avec les patrouilles esclavagistes et le contrôle social, dont le but était de « protéger » les biens (constitués d’êtres humains) des esclavagistes, en exerçant une violence, en toute impunité, contre les personnes d’ascendance africaine. Aux États-Unis, les vestiges de cette terreur raciale restent présents dans la police moderne 35. 44. Les abus d’autorité constatés pendant la pandémie ont également conduit à une protestation mondiale contre le racisme systémique des services de police et des forces parapolicières impliquées dans le meurtre de plusieurs personnes d’ascendance africaine. Dans le monde entier, dans des manifestations de grande ampleur, les personnes d’ascendance africaine et d’autres ont dénoncé leur manque de visibilité, ainsi que le mépris et les violences policières dont elles sont victimes au niveau local. Des manifestations de masse ont eu lieu pendant des semaines dans les capitales du monde entier, y compris dans les 50 États des États-Unis. 4. Impact du racisme systémique sur le développement de thérapies et de vaccins 45. Le principe de l’égalité de protection exige que les États se penchent sur la question de savoir quelles sont les personnes négligées et quelles sont celles qui sont protégées. Des interventions en apparence neutres peuvent dans la pratique donner libre cours aux préjugés et stéréotypes raciaux ou les favoriser si des efforts spécifiques ne sont pas faits pour les contrer. Lors de la pandémie de COVID-19, les efforts de planification et de protection qui avaient été faits en amont n’ont pas permis de régler les problèmes de santé publique propres aux personnes d’ascendance africaine. Il en est résulté des disparités raciales dramatiques. 46. Cette situation soulève une autre préoccupation, à savoir que, dans le cadre des efforts de recherche et de production de connaissances entrepris en réponse à la crise, les obstacles aux soins qui sont liés à la race pourraient être ignorés et les intentions ou les effets discriminatoires des politiques ne pas être reconnus. Aux États-Unis, les personnes d’ascendance africaine sont peu représentées dans certaines recherches préliminaires sur les 35 12 HCDH, « UN experts condemn modern-day racial terror lynchings in US and call for systemic reform and justice », communiqué de presse, 5 juin 2020. GE.20-10966

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