A/HRC/RES/38/6
Reconnaissant que la pratique constitue de la torture ou des mauvais traitements et
doit être interdite, conformément aux normes régionales et internationales des droits de
l’homme, et que la tendance à la médicalisation des mutilations génitales féminines ne les
rend en rien plus acceptables,
Exprimant sa profonde préoccupation face à l’insuffisance de mesures efficaces
permettant de poursuivre les responsables et de donner aux victimes de mutilations
génitales féminines l’accès à des moyens de recours et de réparation, aux soins et services
de santé, à un soutien psychosocial, à une assistance juridique et aux services de réinsertion
socioéconomique,
Reconnaissant le rôle des instruments et mécanismes régionaux et sous-régionaux
dans la prévention et l’élimination des mutilations génitales féminines,
Prenant note de la campagne « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des
femmes » du Secrétaire général, lancée en 2018,
Rappelant la stratégie mondiale interinstitutions lancée en 2010 par l’Organisation
mondiale de la Santé pour empêcher le personnel de santé de pratiquer des mutilations
génitales féminines,
Se félicitant du consensus mondial croissant concernant la nécessité de prendre des
mesures appropriées pour prévenir et éliminer les mutilations génitales féminines, et
comprenant que cette pratique ne peut pas être justifiée par des arguments religieux ou
culturels,
Reconnaissant que les efforts déployés aux niveaux local, national, régional et
international ont entraîné une baisse de la prévalence mondiale des mutilations génitales
féminines, mais demeurant très préoccupé par le fait que l’écart significatif des ressources
allouées à l’élimination des mutilations génitales féminines persiste et que le manque de
financement a gravement limité la portée et le rythme des programmes et des activités
visant à éliminer cette pratique,
Réitérant les obligations et engagements des États en matière de respect, de
protection et de promotion des droits de l’homme et des libertés fondamentales des femmes
et des filles, et de prévention et d’élimination de la pratique des mutilations génitales
féminines,
Gardant à l’esprit que les États ont la responsabilité première de prévenir et
d’éliminer les mutilations génitales féminines et de parvenir à une tolérance zéro vis-à-vis
de cette pratique,
1.
Exhorte les États à condamner toutes les pratiques néfastes qui touchent les
femmes et les filles, en particulier les mutilations génitales féminines, y compris les actes
médicaux commis au sein ou en dehors des établissements médicaux, et à prendre toutes les
mesures nécessaires pour interdire les mutilations génitales féminines et protéger les
femmes et les filles de cette forme de violence ;
2.
Prie instamment les États d’adopter, d’appliquer, d’harmoniser et de faire
respecter les lois et les politiques visant à prévenir et à réprimer les mutilations génitales
féminines, à protéger les personnes à risque et à soutenir les femmes et les filles qui ont été
soumises à cette pratique ;
3.
Demande aux États d’élaborer et de mettre en œuvre, avec la participation
des parties prenantes concernées, y compris les filles, les femmes, les chefs religieux et
traditionnels, les responsables locaux, les prestataires de soins de santé, la société civile, les
groupes de défense des droits de la personne, les hommes et les garçons, ainsi que les
organisations de jeunes, des mesures, des stratégies et des politiques intégrées, globales et
coordonnées en vue de prévenir et d’éliminer toutes les formes de mutilations génitales
féminines ;
4.
Exhorte les États à assurer la mise en œuvre au niveau national des
obligations internationales et régionales auxquelles ils ont souscrit dans le cadre des
différents instruments internationaux protégeant la pleine jouissance de tous les droits de
l’homme et des libertés fondamentales des femmes et des filles ;
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