A/HRC/RES/57/18
permet ou amplifie, qu’elle se produit le plus souvent entre conjoints ou partenaires actuels
ou anciens et entre personnes liées par le sang ou l’intimité, et qu’elle a des répercussions
durables et profondes sur de nombreux aspects de la vie des victimes et de leur communauté,
Conscient que les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par
la violence familiale et, tout au long de leur vie, par la violence au sein du couple, qui est une
forme de violence susceptible d’être définie et combattue différemment en fonction des pays,
profondément préoccupé par le fait que les femmes et les filles qui subissent des formes
multiples et croisées de discrimination, notamment celles qui vivent dans des zones rurales
et reculées, les femmes âgées, les femmes et les filles autochtones, les migrantes, les femmes
et les filles d’ascendance africaine ou qui appartiennent à une minorité nationale, ethnique,
religieuse ou linguistique et les femmes et les filles handicapées, sont particulièrement
vulnérables à la violence familiale, et insistant sur la nécessité de lutter d’urgence contre
toutes les formes de violence et de discrimination auxquelles elles font face,
Conscient également que la violence fondée sur le genre, y compris la violence
familiale, trouve son origine dans l’inégalité historique et structurelle des rapports de force
entre hommes et femmes, porte gravement atteinte à tous les droits humains et à toutes les
libertés fondamentales des femmes et des filles, entrave l’exercice de ces droits et libertés
voire le rend impossible, et nuit grandement à l’aptitude des femmes et des filles à participer
pleinement, activement et dans des conditions d’égalité à la vie de la société sous tous ses
aspects, à l’économie et, selon qu’il convient, à la prise de décisions stratégiques,
Soulignant que la pauvreté des femmes, leur manque d’autonomie, les stéréotypes de
genre, les normes sociales néfastes et la marginalisation des femmes résultant de leur
exclusion du bénéfice des politiques sociales et économiques, de la vie politique,
de l’éducation et du développement durable les exposent à un risque accru de subir des
violences, y compris familiales, et que ces violences entravent le développement économique
et social, et partant le développement durable, des populations et des États, ainsi que la
réalisation des objectifs de développement arrêtés au niveau international, notamment ceux
énoncés dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030,
Conscient à cet égard de l’importance que revêtent le respect de tous les droits
humains, y compris les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels et le droit
au développement, et la création d’un environnement national et international qui favorise la
justice, l’égalité des genres, l’équité, la participation civile et politique des femmes et des
filles et l’exercice de leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels et de
leurs libertés fondamentales, pour ce qui est de parvenir à l’égalité des genres et de donner
aux femmes et aux filles des moyens d’agir et de devenir autonomes,
Conscient également que la violence familiale à l’égard des femmes et des enfants se
manifeste fréquemment au sein des mêmes ménages et que l’exposition à la violence
familiale, que ce soit en tant que victime directe ou en tant que témoin, a des effets
dévastateurs à long terme sur la santé mentale, psychologique et physique des femmes et des
enfants, et qu’il est essentiel de tenir compte du caractère transversal de la violence à l’égard
des femmes et des enfants pour pouvoir prévenir et éliminer efficacement la violence
familiale et promouvoir un environnement sûr et bienveillant pour tous les membres de la
famille et les aidants,
Constatant avec préoccupation que les enfants handicapés, en particulier les filles
handicapées, sont souvent plus exposés, tant à la maison qu’en dehors, y compris dans les
institutions, à la stigmatisation, à la discrimination ou à l’exclusion, et qu’ils sont
fréquemment victimes de violences familiales, d’atteintes ou de brutalités, d’abandon ou de
négligence, de mauvais traitements ou d’exploitation,
Constatant avec une profonde préoccupation que les personnes handicapées de tous
âges sont particulièrement exposées au risque de marginalisation, de discrimination, d’abus
et de violence, y compris familiale, que les personnes handicapées victimes de violence
familiale dépendent fréquemment économiquement, physiquement ou émotionnellement de
leurs agresseurs, qui sont souvent aussi leurs aidants, et que cette situation les empêche de
fuir ces relations violentes et accroît leur isolement social,
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GE.24-18730