A/HRC/53/39 63. Les institutions internationales et régionales spécialisées dans les domaines économique, financier et monétaire, ainsi que leurs États membres, devraient : a) Prendre des mesures concertées pour s’éloigner des paradigmes néolibéraux et axés sur la croissance qui favorisent les inégalités, et adopter des approches féministes et fondées sur les droits humains qui visent en priorité à éliminer la pauvreté et les inégalités socioéconomiques touchant les femmes ; b) Concevoir, établir et exécuter des budgets tenant compte des questions de genre afin de concrétiser les droits humains des femmes et des filles et l’égalité des genres, accroître l’allocation de fonds dans les budgets ordinaires, utiliser des outils de budgétisation qui tiennent compte des questions de genre, adopter des mesures telles que les subventions, l’aide, la coopération pour le développement et les prêts et financements qui tiennent compte des questions de genre, et créer des mécanismes de responsabilité budgétaire ; c) Adopter des approches et des méthodes féministes inclusives en garantissant la participation et la consultation de divers groupes de femmes et de filles au moment de la conception, de l’élaboration et de l’application des réglementations et des politiques économiques et sociales aux niveaux national, régional et international, en assurant la parité des genres dans les organes de décision, et en écoutant et valorisant d’autres formes de savoir, y compris dans le domaine économique, dans le but de faire évoluer les structures et les institutions socioéconomiques inégalitaires ; d) Recueillir régulièrement et diffuser auprès du public des données ventilées pour tous les indicateurs clefs, en particulier ceux liés aux objectifs de développement durable axés sur la pauvreté et les inégalités (notamment les objectifs 1, 5 et 10), et accorder une attention particulière à la discrimination fondée sur le genre et à la violence à l’égard des femmes et des filles, y compris la prise pour cible des défenseuses des droits humains et de l’environnement ; veiller à que des méthodes efficaces et compatibles soient employées en vue de l’agrégation et de l’analyse des données ; dans la mesure du possible, ventiler plus précisément les données en fonction des caractéristiques croisées qui peuvent aggraver la marginalisation ; e) Recenser et éliminer les biais budgétaires implicites et explicites qui portent préjudice aux femmes et aux filles, à des groupes particuliers et à certains pays, en allouant des ressources budgétaires destinées à réduire les formes croisées d’inégalité socioéconomique, en adoptant des mesures de justice fiscale, et en repérant et combattant les cas d’évasion et de fraude fiscales des entreprises et les cas de corruption ; intégrer pleinement, dans les budgets nationaux et les politiques économiques, des mesures d’évaluation des effets de ces budgets et politiques sur les hommes et les femmes et sur les droits de l’homme en vue d’éliminer la pauvreté et les inégalités ; reconnaître la valeur de l’économie des services à la personne et utiliser la politique budgétaire pour réduire et répartir adéquatement les charges de travail au moyen de régimes fiscaux qui tiennent compte des questions de genre et qui permettent d’investir adéquatement dans des politiques promouvant les droits des femmes et des filles et l’égalité des genres ; f) Adopter des méthodes de mesure de la pauvreté et de l’inégalité qui soient globales, tiennent compte des questions de genre et de la diversité des vécus et poussent l’étude au-delà des seuils communs d’inégalité relative et de la situation des 10 % de la population dont le patrimoine et les revenus sont les plus faibles, et prendre pleinement en considération les revenus et le patrimoine de la tranche la plus aisée de la population ; veiller à ce que ces méthodes soient transversales et mettent en évidence la réalisation des différents droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques qui sont associés au droit des femmes et des filles à un niveau de vie suffisant dans un contexte donné ; g) Élaborer et généraliser des orientations macroéconomiques qui tiennent compte des questions de genre et soient fondées sur les droits de l’homme en ce qui concerne l’ajustement structurel et le remboursement de la dette nationale, à la lumière des nombreux éléments qui témoignent de leurs conséquences inéquitables sur les droits humains des femmes et des filles ; effectuer des analyses du degré d’endettement 22 GE.23-06173

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