A/HRC/53/39 Les données mondiales sur les taux de mortalité maternelle révèlent de profondes inégalités aux niveaux régional et international : le risque de mourir des suites de complications évitables liées à une grossesse, à un accouchement et à un avortement non sécurisé est supérieur de 70 % chez les femmes et les filles pauvres des pays à faible revenu, par rapport aux femmes des pays à revenu élevé66. Les femmes et les filles vivant dans la pauvreté, en particulier celles qui sont handicapées, migrantes ou issues de minorités ethniques, sont moins susceptibles d’avoir accès aux services de dépistage systématique du cancer du sein et du col de l’utérus et n’ont souvent pas les moyens d’acheter des médicaments essentiels67. Ces formes de discrimination directe et indirecte dans les systèmes de soins de santé constituent des violations du droit à la santé fondées sur le genre et la pauvreté. 39. Consacré par l’article 23 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, les articles 6 à 8 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et l’article 11 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, le droit au travail englobe le droit à l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale et le droit à des conditions de travail décentes. Il permet aux femmes de s’affranchir de la pauvreté, d’accroître leur pouvoir de décision au sein du ménage et de la société, et de jouir d’une plus grande autonomie dans de nombreux domaines de leur vie68. Pendant les consultations menées par le Groupe de travail, il a été rappelé que les femmes et les filles qui étaient enceintes ou avaient des responsabilités familiales continuaient de subir une discrimination structurelle fondée sur le genre, aussi bien dans l’emploi formel que dans l’emploi informel 69 . En outre, il a été souligné que l’inégalité et la faiblesse de la rémunération, la précarité de l’emploi, l’absence de représentation syndicale, ainsi que la violence et le harcèlement sur le lieu de travail étaient autant de facteurs qui aggravaient les inégalités fondées sur le sexe et le genre et qui emmuraient les femmes et les filles dans la pauvreté. La persistance de conditions de travail qui s’apparentent à l’esclavage ou à l’engagisme parmi les travailleurs domestiques locaux et migrants, ainsi que la manière dont ces pratiques contribuent à maintenir les femmes et les filles dans des situations de pauvreté et d’exploitation ont été mises en avant dans les contributions reçues par le Groupe de travail. Nombre d’autres contributions portaient sur l’exploitation, la précarité et la ségrégation fondée sur le genre qui caractérisent l’emploi dans les zones économiques spéciales et les zones franches d’exportation, où les sociétés transnationales bénéficient d’avantages fiscaux mais ne respectent et ne protègent pas de manière adéquate les droits humains des travailleurs, dont la majorité sont des jeunes femmes 70 . Les études concernant les effets délétères de la pandémie sur les droits des femmes montrent que de nombreux emplois ont disparu dans le secteur manufacturier, principalement ceux occupés par des travailleurs situés en bas de la pyramide et qui subissent un préjudice de classe exacerbé par la marginalisation de leur identité sociale71. 40. En outre, que ce soit au sein même des régions et des pays ou entre eux, il existe de profondes inégalités de genre en matière d’accès aux financements, aux ressources et aux réseaux numériques. Selon les données disponibles, les femmes ont 9 % de chances de moins que les hommes de posséder un compte bancaire et subissent une discrimination dans les domaines de l’épargne, du crédit, de l’assurance et d’autres services financiers. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, le nombre de femmes qui ont accès à l’Internet mobile est inférieur de 300 millions à celui des hommes 72 . Ces inégalités ont des conséquences importantes pour les cheffes d’entreprise, en particulier dans le secteur du commerce électronique, et se répercutent sur leur capacité de percevoir des salaires et des prestations de sécurité sociale. 66 67 68 69 70 71 72 GE.23-06173 Organisation mondiale de la Santé, Trends in Maternal Mortality 2000 to 2020: Estimates by WHO, UNICEF, UNFPA, World Bank Group and UNDESA/Population Division. Contribution de la clinique juridique de l’Université de Murcie, avec la fondation Cepaim. A/HRC/44/51. Shirin M. Rai, Benjamin D. Brown et Kanchana N. Ruwanpura, « SDG 8: decent work and economic growth: a gendered analysis », World Development, vol. 113, janvier 2019, p. 368 à 380. Contribution d’Asia Pacific Forum on Women, Law and Development, « Situation of women workers in SEZ in Asia and the Pacific ». Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social, Crises of Inequality, p. 180. Banque mondiale, « La Banque mondiale et les questions de genre », 6 avril 2023. 13

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