A/HRC/38/46
urgent d’améliorer la cohérence des mécanismes internationaux visant à éliminer la
discrimination à l’égard des femmes et de mettre en place des initiatives et des
partenariats au niveau mondial.
85.
Les organes internationaux des droits de l’homme et les entités des
Nations Unies doivent se prémunir contre les réactions rétrogrades observées
actuellement qui risquent d’affaiblir le cadre juridique des droits de l’homme.
La communauté des droits de l’homme devrait faire tout son possible pour contrer,
dans les instances internationales consacrées aux droits de l’homme, toute position qui
entérinerait des normes patriarcales et discriminatoires en utilisant des arguments
spécieux invoquant la culture, la religion et la souveraineté de l’État. Les droits
fondamentaux des femmes ne sauraient être subordonnés à des considérations
culturelles, religieuses ou politiques.
86.
La liberté de religion et l’égalité des sexes ne devraient pas être opposées l’une
à l’autre et l’éducation fondée sur les droits de l’homme devrait être le principal
moteur de changement. Le Groupe de travail réaffirme qu’il ne devrait y avoir ni
compromis ni tolérance face aux violations des droits de l’homme ou à la remise en
cause des normes internationales en matière de droits de l’homme.
87.
Les États ont l’obligation légale de respecter le droit des femmes à l’égalité.
Il est donc essentiel que les États membres s’acquittent de leurs obligations en matière
de droits de l’homme, en veillant à ce que le cadre en place prévoie à la fois des
mesures de sensibilisation et des mécanismes visant à rendre compte des progrès
accomplis pour éliminer la discrimination à l’égard des femmes et améliorer
l’autonomisation de celles-ci. Les États sont tenus de respecter les droits
fondamentaux des femmes et d’agir avec la diligence voulue pour que ces droits ne
soient pas bafoués par les institutions et leurs agents, les sociétés privées, des groupes
armés ou des particuliers. L’égalité en droit et dans la pratique, qui permet aux
femmes de participer pleinement à la vie politique, publique, économique et sociale,
est également un facteur déterminant de la réussite du développement durable.
Les coûts induits par les pratiques discriminatoires en termes de santé, d’éducation et
de développement économique sont un obstacle au développement durable.
Les objectifs, cibles et indicateurs du Programme de développement durable à
l’horizon 2030 doivent être interprétés à la lumière des obligations relatives aux droits
de l’homme. Les objectifs de développement durable devraient être vus comme
offrant la possibilité de progresser vers l’élimination de la discrimination à l’égard des
femmes et l’égalité des sexes, et non d’affaiblir les obligations relatives aux droits de
l’homme.
88.
Aujourd’hui, la communauté des droits de l’homme a plus que jamais besoin
d’unir ses forces pour préserver l’espace démocratique. La lutte contre toutes les
formes de discrimination à l’égard des femmes doit se poursuivre jusqu’à ce que les
femmes du monde entier obtiennent la pleine égalité dans la vie publique, politique,
économique, sociale, familiale, culturelle et religieuse et dans le domaine de la santé.
Des pratiques telles que la polygamie, les mariages d’enfants, les mutilations génitales
féminines et les crimes d’« honneur » n’ont pas leur place dans une société
démocratique. Les voix des défenseuses des droits de l’homme ne doivent pas être
étouffées.
89.
Cela fait soixante-dix ans que le droit des femmes à l’égalité est inscrit dans la
Déclaration universelle des droits de l’homme, près de quarante ans que la
Convention historique sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à
l’égard des femmes a vu le jour et vingt-cinq ans que la Déclaration et le Programme
d’action de Vienne ont établi que les droits des femmes faisaient indissociablement
partie des droits de l’homme. Le Groupe de travail appelle à une action immédiate car
il serait intolérable d’attendre le siècle prochain pour parvenir à l’égalité, tout comme
de réduire à néant les acquis obtenus de haute lutte. Aucun motif valable ne peut
justifier que l’on attende pour éliminer la discrimination à l’égard des femmes ; il
s’agit d’un engagement politique qui aurait dû être honoré depuis longtemps et qui
doit aujourd’hui être respecté sans délai.
GE.18-07710
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