A/HRC/38/46 toute tentative d’instaurer l’égalité des sexes dans tous les secteurs de la société (voir A/HRC/29/40). 26. Dans tous ses travaux, le Groupe de travail a montré que la discrimination à l’égard des femmes et des filles et le refus de reconnaître leurs droits commençaient trop souvent au sein de la famille, où, par exemple, les femmes et les filles étaient sous-estimées, cantonnées à certains rôles, soumises à des pratiques néfastes et victimes de l’oppression patriarcale ainsi que d’autres atteintes aux droits de l’homme, notamment de violences familiales et sexuelles. Comme l’a fait remarquer le Groupe de travail, si les lois discriminatoires régissant la vie familiale ont été abrogées dans une grande partie du monde, de telles lois sont encore en vigueur dans quelques pays (ibid.). Dans certains pays, les femmes sont privées de leurs droits fondamentaux du fait, notamment, que l’âge minimum du mariage pour les filles est plus bas, mais aussi en raison des systèmes de tutelle, des mariages forcés, des mariages polygames et de la discrimination en matière de droit à la nationalité, de droit au divorce, de droit de garde, de droit à l’héritage et d’accès à la propriété immobilière et foncière. Au nom de l’honneur, tel qu’il est perçu, de la pureté et de la tradition, les filles et les femmes peuvent être victimes de nombreuses violations, notamment de crimes « d’honneur », de mariages précoces 8 , de rites de veuvage et de mutilations génitales féminines9. Dans certaines régions, aucun progrès n’a été accompli pour ce qui est de mettre un terme aux mariages d’enfants10. 27. Au sein du système des Nations Unies, le Groupe de travail a constaté que les États invoquaient à tort des raisons liées à la culture, à la religion et à la famille pour atténuer le poids de leurs obligations internationales s’agissant de garantir les droits des femmes et l’égalité des sexes. Le nombre élevé de réserves à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, notamment à l’article 16 sur l’égalité dans la famille 11 , est extrêmement révélateur en ce qu’il traduit le refus des États de reconnaître le droit des femmes et des filles à l’égalité, au nom de normes religieuses, ainsi que le rejet de leur responsabilité quant à l’applicabilité universelle des droits de l’homme (voir A/HRC/29/40). Cela montre aussi que l’égalité dans la sphère privée − la famille − reste l’un des principaux obstacles à la réalisation de l’égalité des sexes. 28. Sous prétexte de protéger la famille, certains États prennent des initiatives dont l’objet est d’affaiblir encore les droits de l’homme. Tout en reconnaissant que la famille est l’élément fondamental de la société et qu’elle a droit à la protection, le Groupe de travail insiste sur la nécessité de réaffirmer le droit des femmes à l’égalité dans tous les aspects de la vie familiale et d’admettre qu’il existe diverses formes de structures familiales. La protection de la famille ne peut pas justifier l’adoption de lois, de politiques ou de pratiques susceptibles d’empêcher les femmes et les filles d’exercer pleinement leurs droits fondamentaux sur un pied d’égalité avec les hommes (ibid.). La promotion des droits des femmes et des filles est tributaire de la reconnaissance, en droit et dans la pratique, de leur droit à l’égalité en tant que membres de la communauté et de leur famille. 29. Comme cela a été souligné par la Rapporteuse spéciale dans le domaine des droits culturels, les fondamentalistes de diverses religions adoptent souvent une tactique commune au niveau international pour contrarier les progrès dans la protection des droits fondamentaux des femmes. La Rapporteuse spéciale a également fait remarquer que le fait de permettre aux femmes d’exercer tous les droits fondamentaux, y compris les droits culturels, était un élément essentiel dans la lutte contre l’extrémisme, le fondamentalisme et le terrorisme (voir A/HRC/34/56). 30. Bien qu’il adhère au principe selon lequel le droit à la liberté de religion ou de conviction est un droit fondamental qui doit être garanti et protégé, le Groupe de travail regrette que les efforts visant à promouvoir l’égalité des sexes soient de plus en plus souvent compromis au nom de la religion. Il joint sa voix à celles d’autres mécanismes internationaux de défense des droits de l’homme pour rappeler que la liberté de religion ou 8 9 10 11 8 Voir https://www.fillespasepouses.org/impact-du-mariage-des-enfants/. Voir https://www.unfpa.org/fr/mutilations-génitales-féminines. Voir www.unicef.org/media/media_102783.html. Voir www.universal-rights.org/urg-policy-reports/march-universality-religion-based-reservationscore-un-human-rights-treaties-tell-us-human-rights-religion-universality-21st-century/. GE.18-07710

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