A/HRC/55/49
F.
Travailleurs et travailleuses de la pêche
30.
Les travailleurs de la pêche exercent l’un des trois métiers les plus dangereux au
monde, qualifié par l’Organisation internationale du Travail (OIT) de « salissant, dangereux
et difficile »33. Pourtant, les États manquent souvent à leur devoir de surveiller le secteur et
d’appliquer les règles nationales pertinentes en matière de santé et de sécurité, d’où les
conditions de travail médiocres et dangereuses.
31.
En moyenne, chaque travailleur de la pêche subvient aux besoins de trois personnes à
charge ou membres de sa famille. Pour chaque travailleur actif dans la pêche de capture,
il y a environ quatre emplois dans les activités secondaires, dont la commercialisation, la
transformation et la vente du poisson, et beaucoup sont occupés par des femmes 34.
32.
La pêche commerciale est bien connue pour sa dangerosité et ses taux élevés de décès,
de blessures et de maladies. La plupart des accidents mortels se produisent en mer, soit par
suite d’une surexposition à la chaleur, au soleil et à l’eau salée, soit en raison d’équipements
dangereux, de machines hors d’usage ou d’équipements de protection inadaptés.
Les travailleurs de la pêche continentale sont rarement équipés de matériel de protection
adéquat et risquent des accidents mortels dus à l’instabilité des plateformes de pêche.
La santé des aquaculteurs est mise à mal par les longues périodes d’exposition aux produits
chimiques toxiques et aux antibiotiques présents dans l’eau, qui font de l’aquaculture une
activité de plus en plus dangereuse35. Les travailleurs qui exercent des activités après capture,
dont la plupart sont des femmes, sont exposés à des risques très particuliers liés à l’humidité
et à la dangerosité des installations de transformation et développent inévitablement de graves
problèmes de santé36.
33.
Le Rapporteur spécial a aussi reçu des informations inquiétantes sur la sécurité de
l’emploi des travailleurs de la pêche et leur droit à un salaire vital. Dans les pays en
développement, en particulier, ces travailleurs n’ont toujours pas les moyens de se procurer
des services de base et de satisfaire leurs besoins élémentaires ainsi que ceux de leur famille.
Beaucoup d’activités étant saisonnières, les revenus sont irréguliers et il arrive que des
paiements soient retardés ou tout simplement refusés tout au long de la chaîne
d’approvisionnement.
34.
Contrairement aux normes de l’OIT relatives aux gens de mer37, le cadre établi par
cette organisation n’indique pas de montant pour le salaire minimum des travailleurs de la
pêche38. Leur rémunération est donc généralement inférieure au salaire minimum national et
se situe dans la tranche la plus basse du revenu par habitant. Les nombreux pêcheurs qui
travaillent de manière informelle ou indépendante ne bénéficient pas de mesures de
protection du travail ni de régimes de protection sociale − sécurité sociale, indemnités pour
accident du travail et assurance maladie, notamment. Dans le secteur de la petite pêche, la
plupart des travailleurs exercent dans le cadre d’accords verbaux, sans conditions ni
prestations fixées ou applicables39.
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A/HRC/40/56, par. 20.
OIT, Convention et recommandation sur le travail dans la pêche (2007) : Plan d’action 2011-2016
(Genève, 2011), p. 1.
Communication de Fellesforbundet − travailleurs de la pêche et de l’aquaculture.
Communications de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de
l’hôtellerie, de la restauration, du tabac et des branches connexes (UITA), de l’union finlandaise des
travailleurs de l’alimentation, de l’union norvégienne des travailleurs de l’alimentation et des
branches connexes et de la Fédération des travailleurs de l’alimentation et des branches connexes du
Zimbabwe.
Voir https://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_845510/lang--fr/index.htm.
Voir OIT, « La Convention (no 188) sur le travail dans la pêche, 2007 : Tous à bord ! », document
GDFWF/2013, p. 4.
Communications de l’UITA et de la Fédération des travailleurs de l’alimentation et des branches
connexes du Zimbabwe. Voir aussi FAO, « Effets de la covid-19 sur les systèmes alimentaires
halieutiques et aquacoles » (avril 2020), et FAO, « The effect of COVID-19 on fisheries and
aquaculture in Asia » (mai 2020).
GE.23-26071