A/HRC/39/69 35. La Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée a fait un exposé par vidéo. Elle a souligné que le déni des droits fonciers était une des formes d’oppression raciale les plus persistantes et structurellement enracinées envers les personnes d’ascendance africaine et les Africains en Afrique. Elle a indiqué que les communautés d’ascendance africaine de la diaspora étaient exposées à un risque de déplacement forcé, violent et souvent fatal par les États, les sociétés multinationales et même les institutions financières multilatérales, qui dans bien des cas mettaient en avant le développement pour déposséder ces communautés de leurs terres et le justifier. Même en milieu urbain, les personnes d’ascendance africaine étaient exposées à une discrimination raciale flagrante et avérée en matière de sécurité foncière, y compris en termes d’accès au logement. Selon elle, pour résoudre ce problème il fallait que les anciennes puissances coloniales reconnaissent leur responsabilité morale partagée en vue de trouver des solutions viables et respectueuses des droits de l’homme, suite à l’échec du processus de décolonisation, et ouvrir ainsi la voie à une véritable égalité raciale en matière de propriété foncière. Les femmes d’ascendance africaine devaient être associées au débat car elles étaient particulièrement vulnérables à la discrimination croisée et à la subordination du fait de la manière dont appartenance raciale et genre interagissaient pour renforcer leur exclusion des droits fonciers. En conclusion, la Rapporteuse spéciale a assuré le Groupe de travail de son étroite coopération pour le projet de déclaration, en particulier la question des droits fonciers. 36. Au cours du dialogue, M. Sunga a mentionné la recommandation tendant à donner des terres aux personnes d’ascendance africaine en compensation de l’esclavage. Il a demandé comment ces droits fonciers pouvaient être articulés avec les droits des peuples autochtones. En réponse, M. Nehusi a dit que dans les Amériques, le travail que les personnes d’ascendance africaine effectuaient sur une terre signifiait qu’elles appartenaient à cette terre et que cette terre leur appartenait. Il a fait observer que des terres ne pouvaient être revendiquées à titre d’indemnisation si cela supposait d’en déposséder les propriétaires légitimes, mais que les terres sur lesquelles des personnes d’ascendance africaine avaient vécu pouvaient leur être attribuées. Mme Petrus-Barry a souligné l’importance que les personnes d’ascendance africaine accordaient au lien entre la terre et le souvenir des ancêtres. M. Nehusi a dit que le colonialisme avait disloqué les peuples africains en effaçant les cultures et les traditions africaines, ainsi qu’en important les divisions propres aux colonisateurs ; dans les Caraïbes par exemple, il existait des territoires dominés par les Britanniques et d’autres par les Français. M. Nehusi a demandé aux groupes disloqués de rétablir l’unité et d’échanger librement des informations entre eux. Mme Petrus-Barry s’est associée à cette proposition, notant que la langue était souvent un énorme obstacle à la recherche de bases culturelles communes. Elle a de plus abordé la question des défenseurs des droits de l’homme exposés au risque d’être traités comme des criminels quand ils revendiquaient les droits fonciers des Africains, ainsi que d’autres droits. Un représentant de la société civile s’est inquiété de la discrimination raciale à l’égard des Afro-Colombiens et de l’exercice de leur droit au consentement préalable, libre et éclairé pour des interventions sur les terres en Colombie. Un autre représentant de la société civile a donné des informations sur les pratiques discriminatoires en matière de logement qui avaient cours aux États-Unis. 37. La quatrième réunion-débat a été consacré au thème « Réparations pour les personnes d’ascendance africaine ». Mme Petrus-Barry a fait un exposé liminaire sur le sujet. Elle a défini les réparations dans le contexte de la déportation et de l’asservissement des Africains ainsi que de la Déclaration et du Programme d’action de Durban. Elle a insisté sur la nécessité d’accorder des réparations aux personnes d’ascendance africaine pour ces crimes et a souligné que ce n’était qu’après avoir démonté les théories passées et présentes relatives à la supposée infériorité des personnes d’ascendance africaine que le grand public prêterait attention aux actes racistes violents, s’interrogerait sur sa propre mentalité et accepterait que les lois nationales soient modifiées pour en finir avec la discrimination et l’extrémisme violent envers les personnes d’ascendance africaine. Elle a ensuite parlé des instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme concernant les réparations, dont le plan en 10 points de la Communauté des Caraïbes pour une justice réparatrice, auquel le Groupe de travail avait souscrit en tant que base pour une justice réparatrice en faveur des personnes d’ascendance africaine. Elle a estimé que le projet de GE.18-13434 11

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