A/HRC/56/51
79.
En outre, ils ont appelé l’attention sur la situation de certains groupes donnés de
femmes et de filles, comme celles qui vivent dans des situations de conflit et d’après conflit
ou sous occupation, les femmes et les filles rurales et autochtones, les femmes et les filles
réfugiées, déplacées et migrantes, les femmes et les filles dalits, les femmes âgées et les
femmes et les filles handicapées, en insistant sur la nécessité de mener une action ciblée.
Ils ont aussi appelé l’attention sur la marginalisation et la criminalisation des femmes qui
consomment des drogues et des travailleuses du sexe, ainsi que sur les violences que
subissent ces femmes.
80.
Compte tenu de ce qui précède, le Groupe de travail décide, comme point de départ,
d’axer ses prochains rapports annuels sur les thèmes exposés ci-dessous. Ceux-ci pourront être
modifiés en fonction de l’évolution sociale ou politique des droits des femmes et des filles.
a)
La dimension de genre des soins à autrui
81.
Partout dans le monde, les femmes effectuent les trois quarts du travail de soins non
rémunéré88. Cette responsabilité disproportionnée en matière de soins est due à la prévalence
de normes de genre et de stéréotypes traditionnels sur le rôle des femmes dans la famille et
la société, et elle est aggravée par l’absence de cadre normatif et stratégique adéquat
permettant de promouvoir et d’obtenir la reconnaissance, la réduction et la redistribution du
travail de soins non rémunéré. Les possibilités et les choix de vie des femmes et des filles
s’en trouvent fortement limités, ce qui compromet l’exercice par celles-ci d’un large éventail
de droits humains, dont les droits au travail, à la sécurité sociale, à l’éducation, à la santé, au
repos et aux loisirs. Dans le même temps, les prestataires de soins rémunérés − dont la
majorité sont des femmes et dont beaucoup sont des travailleurs migrants − connaissent
souvent des conditions de travail précaires et sont exposés à des violations de leurs droits et
à l’exploitation en raison d’un manque général de reconnaissance pour ce type de travail ainsi
que d’une représentation insuffisante de ces travailleurs et d’un dialogue social et d’un
pouvoir de négociation collective limités89.
82.
Comme le Groupe de travail l’a souligné précédemment, les modèles de
développement dominants, fondés sur la croissance économique, se nourrissent de la
« surexploitation » des femmes et des filles, qui comblent les lacunes en matière de soins,
et de l’exode des personnes travaillant dans ce domaine, qui quittent les nations plus pauvres
dans le cadre des chaînes de soins mondialisées90. Alors que le monde connaît une hausse de
la demande de soins en raison de l’évolution des structures familiales, du vieillissement des
sociétés et de l’augmentation de l’emploi des femmes dans certains pays, ainsi que des effets
des changements climatiques91, le Groupe de travail examinera de plus près les difficultés
actuelles et les stratégies adoptées face à la crise mondiale des soins en vue de promouvoir
une approche des soins à autrui fondée sur les droits humains, féministe et intersectionnelle,
qui favorise une plus grande égalité entre les femmes et les hommes et protège les droits
socioéconomiques des travailleuses. Pour ce faire, il tiendra compte du rôle des femmes et
des filles en tant que « gardiennes de la planète ».
b)
L’égalité des sexes dans la vie numérique/en ligne
83.
Les technologies numériques transforment rapidement et de plus en plus
profondément les vies et les sociétés, ce qui fait naître à la fois des possibilités nouvelles et
des difficultés en ce qui concerne la promotion de l’égalité des sexes92. Dans ses rapports
précédents, le Groupe de travail a mis en lumière la fracture numérique liée au genre,
88
89
90
91
92
GE.24-07559
OIT, Prendre soin d’autrui : Un travail et des emplois pour l’avenir du travail décent (Genève, 2018).
OIT, « De la crise mondiale des soins aux soins de qualité à domicile : Les arguments en faveur de
l’intégration des travailleurs domestiques dans les politiques des soins et la garantie de leurs droits au
travail », note de synthèse (mars 2024). Voir également https://globalallianceforcare.org/en/.
Voir, par exemple, A/HRC/53/39.
OIT, Prendre soin d’autrui : Un travail et des emplois pour l’avenir du travail décent ; BIT, Soin à
autrui au travail : Investir dans les congés et services de soin à autrui pour plus d’égalité de genre
dans le monde du travail (Genève, 2022) ; ONU-Femmes, « The climate-care nexus: addressing the
links between climate change and women and girls’s unpaid care, domestic and communal work »,
document de travail (New York, 2023).
Voir, par exemple, E/CN.6/2023/3.
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