A/HRC/56/51
n’utilisent pas de moyens de contraception modernes, en raison de toute une série d’obstacles.
Des millions de femmes et de filles n’ont pas la possibilité de gérer leur cycle menstruel en
toute sécurité et avec dignité. Ces statistiques et ces problèmes augmentent considérablement
en temps de crise57.
38.
Le Groupe de travail a appelé l’attention sur le fait que les États ne reconnaissaient,
ne respectaient et ne protégeaient pas les droits des femmes et des filles en matière de santé
sexuelle et procréative et ne leur donnaient pas effet comme ils le devaient, tant avant que
pendant les situations de crise. Il a également mis en avant l’attention insuffisante portée aux
principaux facteurs sous-jacents qui rendaient une situation donnée « critique » pour des
populations, en particulier les femmes et les filles. De nombreuses situations de crise sont
prédéterminées par des inégalités et des discriminations qui se sont accumulées et qui peuvent
être brusquement mises en évidence ou profondément exacerbées par un événement
particulier58.
39.
Il est fréquent qu’en période de crise, les États réorientent les ressources financières
et humaines au détriment des soins de santé sexuelle et procréative et restreignent la
fourniture de services, montrant ainsi qu’ils les jugent non essentiels, ce qui équivaut en
pratique à une régression incompatible avec les obligations des États en matière de droits de
l’homme. Ces restrictions continuent souvent à compromettre l’accès aux soins de santé
sexuelle et procréative après la fin d’une crise et, dans la majorité des cas, les programmes
de reconstruction et les plans de relance ne donnent pas la priorité à la santé sexuelle et
procréative. En outre, l’égalité des sexes ne fait pas toujours partie des priorités des
donateurs, en fonction desquelles sont souvent déterminées les opérations menées dans les
situations de crise humanitaire. Les services de santé sexuelle et procréative ne sont
généralement pas considérés comme essentiels ou urgents, malgré les vulnérabilités et les
risques particuliers auxquels font face les femmes et les filles. Dans certains cas, même les
soins de maternité ne seraient pas suffisamment financés ou ne seraient pas prioritaires, car
ils ne sont pas perçus comme une préoccupation « humanitaire »59.
3.
Obstacles à l’égalité des sexes pour certains groupes de femmes et de filles
40.
Dans ses rapports thématiques, le Groupe de travail a mis en évidence les obstacles
particuliers auxquels se heurtent différents groupes de femmes et de filles qui, en raison de
formes multiples et croisées de discrimination, subissent des inégalités aggravées dans tous
les aspects de leur vie. Certains de ces obstacles, qui correspondent aux thèmes couverts par
le Groupe de travail dans ses rapports au cours des six dernières années, sont décrits ci-après.
a)
Femmes et filles appartenant à une minorité raciale ou ethnique ou à un peuple
autochtone
41.
Comme le Groupe de travail l’a souligné précédemment, il existe des communautés
de femmes et de filles « en situation de crise chronique », parmi lesquelles les femmes et les
filles autochtones et roms et les femmes et les filles d’origine africaine, dont la vie a été
façonnée par un passé d’oppression, d’asservissement, d’exclusion, de discrimination raciale,
d’assimilation forcée et d’apartheid, lié à la conquête et à la colonisation, ainsi que par la
violence systématique et le mépris de leur culture, de leur spiritualité et de leurs traditions.
Nombre d’entre elles ont été systématiquement soumises à des formes de violence procréative,
notamment des grossesses forcées et des stérilisations, et ont été séparées de leurs enfants60.
42.
La discrimination aggravée a également des répercussions sur leur expérience du
monde du travail. Par exemple, dans de nombreuses régions d’Europe, le manque d’accès à
l’éducation, conjugué à la ségrégation résidentielle et à la discrimination, exclut les femmes
roms du marché du travail officiel, ce qui les contraint à accepter des emplois précaires et
mal rémunérés et les plonge dans la spirale de la pauvreté61.
57
58
59
60
61
GE.24-07559
A/HRC/47/38, par. 16.
Ibid., par. 9, 11 et 14.
Ibid., par. 26 et 33.
Ibid., par. 63.
A/HRC/44/51, par. 17.
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