A/HRC/54/30 27. Les femmes aussi sont exposées au sans-abrisme. Outre les facteurs structurels susmentionnés, les lois et pratiques discriminatoires en ce qui concerne le divorce, l’héritage et les biens matrimoniaux 18 et l’accès limité des femmes à un travail décent renforcent sensiblement cette exposition. Les ménages dirigés par une femme représenteraient 70 % de la population sans abri dans le monde19. De plus, la violence fondée sur le genre, notamment la violence domestique, contribue souvent au sans-abrisme chez les femmes20. Faute d’autre solution, certaines se tournent vers le travail du sexe pour survivre, mais plusieurs États ont choisi de criminaliser cette activité au lieu de prêter assistance aux intéressées 21 , ce qui stigmatise encore davantage les travailleuses du sexe. Le caractère genré d’autres formes d’exploitation, comme la servitude domestique, le mariage forcé et le mariage d’enfants, doit aussi être souligné. 28. Dans de nombreux États, les minorités, ethniques et autres, sont particulièrement exposées au sans-abrisme. Selon certaines informations, par exemple, les Roms, les personnes d’ascendance africaine, les populations hispaniques et les communautés qui sont victimes de discrimination en raison de leur travail et de leur ascendance sont plus susceptibles que les autres de se retrouver sans abri22. La discrimination profonde fondée sur la race et sur la caste y est sans aucun doute pour quelque chose, bon nombre de membres de ces groupes de population ne pouvant pas bénéficier d’une éducation de qualité, d’un travail décent et d’un logement abordable non plus que des services publics essentiels 23. De même, les migrants, en particulier ceux qui sont en situation irrégulière, courent un risque accru de se retrouver sans abri car, contrairement aux nationaux, ils n’ont dans bien des cas pas droit à un logement public ou à des prestations sociales et financières comme les prêts au logement à des conditions préférentielles, parfois en raison de politiques et de règlements discriminatoires24. En outre, certains États s’emploient activement à criminaliser la location de logements aux migrants en situation irrégulière, qui sont ainsi des centaines de milliers à se retrouver sans abri25. Les migrants qui bénéficient d’un logement dans le cadre de leur contrat de travail, comme les travailleurs domestiques, courent un risque particulièrement élevé de se retrouver sans abri en cas de résiliation du contrat. L’inadéquation des logements et les mauvaises conditions de vie dans certains secteurs où les travailleurs migrants sont la plus grande main-d’œuvre constituent un facteur de risque supplémentaire26. 29. Les personnes déplacées, y compris les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, les réfugiés et les demandeurs d’asile se retrouvent inévitablement sans abri dans l’attente d’une solution de remplacement durable et convenable en matière de logement. Ces personnes sont contraintes de quitter leur foyer et leur communauté parce qu’elles sont soumises à la persécution et à d’autres violations flagrantes des droits de l’homme commises par des États ou d’autres acteurs ou sont victimes d’un conflit armé, du terrorisme, de catastrophes naturelles, de la crise climatique et du chômage découlant de la pandémie de 18 19 20 21 22 23 24 25 26 6 Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, recommandation générale no 29 (2013) sur les conséquences économiques du mariage, et des liens familiaux et de leur dissolution, par. 43 et 44 ; contribution de Medica Zenica. Compte tenu des personnes qui vivent dans un logement inadéquat. E/CN.5/2020/3, par. 12. Contributions des Gouvernements philippin et portugais et du Bureau du Défenseur du peuple de l’Argentine. Contributions de la Global Alliance Against Traffic in Women et de la Mission d’intervention et de sensibilisation contre la traite des êtres humains. CERD/C/BRA/CO/18-20, par. 24 ; CERD/C/IRL/CO/5-9, par. 27 ; CERD/C/USA/CO/10-12, par. 39 ; contributions de Rights Lab, du Global Forum of Communities Discriminated on Work and Descent et du European Roma Grassroots Organisations Network. Voir A/HRC/41/54/Add.2, A/HRC/42/59/Add.1, A/HRC/44/57/Add.1, A/HRC/45/44/Add.2, A/HRC/51/54/Add.1 et A/HRC/51/54/Add.2. CERD/C/IRL/CO/5-9, par. 27 ; CMW/C/CPV/CO/1-3, par. 61 ; contributions de la fondation Cepaim, de la Global Alliance Against Traffic in Women et de Migrant Workers’ Action. Voir, par exemple, la communication PER 6/2022. Toutes les communications mentionnées dans le présent rapport peuvent être consultées à l’adresse suivante : https://spcommreports.ohchr.org/ Tmsearch/TMDocuments. Contributions de Jesse Hohmann, de la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri, de Migrant Workers’ Action et de la Mission d’intervention et de sensibilisation contre la traite des êtres humains ; consultations avec des parties prenantes en Australie. GE.23-12640

Seleccionar párrafo de destino3

Conectar a un párrafo
Connect to an entity
Disable highlights
Añadir a la tabla de contenidos