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africaine du monde entier de se développer de façon constructive et véritable, et
justifie ou neutralise souvent l’exploitation actuelle et passée de leur main d’œuvre,
de leurs terres et de leurs ressources naturelles. Les disparités raciales ressortent très
nettement dans de nombreux domaines ayant une incidence sur les droits de la
personne, notamment l’éducation, le respect des droits de la défense, les droits de
l’enfant et la santé. Les disparités raciales dont sont aujourd ’hui victimes les
personnes d’ascendance africaine s’appuient généralement sur des stéréotypes
raciaux persistants qui favorisent l’acceptation sociale (et parfois même
l’anticipation) de ce phénomène.
Préjugés et stéréotypes raciaux dans le secteur de la justice
54. Dans le système de justice pénale, les stéréotypes raciaux sont courants ; ils
peuvent fausser la perception des faits et entraîner des erreurs judiciaires, des peines
plus sévères, un recours excessif à la force et une nouvelle victimisation.
55. Parmi les stéréotypes les plus tenaces dont sont victimes les personnes
d’ascendance africaine figure l’association de la négritude à la criminalité. Comme
expliqué sur le site Web de l’Equal Justice Initiative :
Les disparités raciales que l’on retrouve aujourd’hui dans notre système de
justice pénale sont l’héritage des injustices raciales de notre passé. [...]
L’esclavage s’est transformé en système de location des prisonniers ; les AfroAméricains étaient arrêtés pour des « crimes » comme le vagabondage et forcés
de travailler dans des entreprises appartenant à des Blancs dans le Sud. Les
décennies de lynchages liés à la terreur raciale qui ont suivi l ’esclavage ont
greffé au récit de la hiérarchie raciale une présomption de culpabilité et de
dangerosité à l’égard des personnes noires. De fait, les Blancs soutenaient
qu’une violence vigilantiste était nécessaire pour protéger leurs biens, leurs
familles et leur mode de vie du Sud des « criminels » noirs.
Cette présomption de culpabilité et de dangerosité à l’égard des personnes
d’ascendance africaine a rendu les communautés minoritaires particulièrement
vulnérables à une administration inéquitable de la justice pénale 37.
56. Le passage de l’esclavage à l’apartheid a été particulièrement dévastateur pour
les personnes d’ascendance africaine. Elles étaient confrontées au terrorisme racial et
à des taux d’incarcération plus élevés. On les caricaturait en leur attribuant une nature
sauvage, animale, destructrice et criminelle. Parmi les idées fausses et les préjugés
fabriqués de toutes pièces et diffusés par divers canaux, tels que les médias, figuraient
des références à la nature « sauvage » et « brute » des hommes noirs, que l’on
désignait souvent par le terme à connotation négative « voyou ».
57. Les conséquences à long terme de ce phénomène se manifeste nt dans les
interactions quotidiennes entre la police et les civils. Ce processus de
déshumanisation conduit beaucoup de gens à considérer les hommes et les enfants
noirs comme étant plus âgés et plus redoutables et menaçants qu’ils ne le sont en
réalité. Même à un très jeune âge, les enfants noirs sont perçus comme moins
enfantins et moins innocents. Cette perception erronée est troublante. Les policiers
sont souvent disculpés d’avoir tué des civils noirs en plaidant la légitime défense.
C’est ce qui s’est produit en 2014 aux États-Unis, lorsque l’agent Christopher Manney
a tué de 14 balles un homme noir non armé répondant au nom de Dontre Hamilton à
Milwaukee. Plus tard, le policier a décrit M. Hamilton comme étant un homme
imposant et musclé, et a expliqué qu’il craignait que celui-ci ne prenne le dessus.
__________________
37
19-13272
Equal Justice Initiative, « Presumption of guilt ». Disponible à l’adresse suivante :
https://eji.org/racial-justice/presumption-guilt.
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