A/74/274 des obstacles dans leur vie quotidienne et entravent leur participation à la vie publique. 22. Aux États-Unis d’Amérique, le célèbre mot-dièse #LivingWhileBlack (vivre en étant noir) est devenu une expression fourre-tout utilisée pour décrire les injustices et les charges quotidiennes auxquelles doivent faire face certaines personnes en raison des stéréotypes, des perceptions et des attentes liées à leur couleur de peau. Des représentants de la société civile ont documenté des cas où la police avait été appelée à intervenir auprès d’enfants et de familles noirs parce qu’ils avaient vendu de l’eau lors d’un match de baseball, tondu leur pelouse, organisé des barbecues familiau x dans un parc ou encore frapper aux portes. 23. Ces incidents ont suscité beaucoup d’attention et d’indignation et ont même parfois donné lieu à des mesures de réparation. Le 12 avril 2018, à Philadelphie, deux hommes noirs ont été arrêtés chez Starbucks, une chaîne de café populaire. Ils avaient été accusés d’avoir refusé de faire un achat ou de partir alors qu’ils attendaient une autre personne pour un rendez-vous d’affaires. Les deux hommes ont passé plusieurs heures dans une cellule de prison sans aucun contact extérieur et sans aucune idée de ce qui allait se passer par la suite. Ils ont été relâchés après minuit, lorsque le procureur a annoncé qu’il refusait de les poursuivre pour intrusion 9. L’incident est devenu viral sur les médias sociaux, et de nombreuses personnes ont fait remarquer que Starbucks était souvent utilisé comme lieu de rencontre et que de nombreux Blancs utilisaient même leurs toilettes publiques sans avoir fait d ’achat et que cela ne leur avait jamais été reproché. Starbucks a rapidement présenté des excuses et pris la décision de fermer, moins de deux mois après l’incident, tous ses cafés de proximité du pays le temps d’une journée de formation visant à sensibiliser ses employés aux préjugés implicites. 24. Dans son rapport, largement diffusé, intitulé « Pris à partie : Rapport de recherche et de consultation sur le profilage racial en Ontario » 10, la Commission ontarienne des droits de la personne met en exergue la nature pernicieuse du profilage racial au Canada. Quelque 1 500 personnes vivant dans la province de l’Ontario ont signalé avoir été victimes de profilage racial de la part de la police, sur leur lieu de travail, à l’école, à l’hôpital, dans un centre commercial ou à l’aéroport. Le rapport présente des témoignages anonymes de personnes ayant été confrontées au profilage racial. Ainsi, une femme d’ascendance africaine a expliqué que lorsqu’elle allait faire ses courses, elle était régulièrement suivie et se voyait souvent proposer de l ’aide par le personnel du magasin, non pas parce qu’on voulait lui offrir un service à la clientèle, mais parce qu’on se demandait pourquoi elle était là. Elle a également ajouté ce qui suit : « En même temps, on fait également souvent fi de moi dans les magasins ou les files, où je dois défendre ma place. Je suis certaine que la plupart des personnes noires ont, comme moi, l’habitude de se faire remettre la monnaie dans les mains avec répugnance, du haut des airs, sans se faire toucher, par des employés qui n’ont pas de difficulté à toucher la main des clients blancs. » 25. Ces incidents reflètent une série de stéréotypes, d ’attentes et de revendications que certains membres de la communauté entretiennent à l ’égard des personnes d’ascendance africaine. Chacun des exemples susmentionnés met en scène une __________________ 9 10 8/25 Voir « Black men arrested at Philadelphia Starbucks feared for their lives », The Guardian, 19 avril 2018. Disponible à l’adresse suivante : https://www.theguardian.com/business/2018/apr/19/starbucks-black-men-feared-for-livesphiladelphia. Disponible à l’adresse suivante : http://ohrc.on.ca/fr/pris-%C3%A0-partie-rapport-de-rechercheet-de-consultation-sur-le-profilage-racial-en-ontario. 19-13272

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