Principes et lignes directrices des Nations Unies sur l’accès
à l’assistance juridique dans le système de justice pénale
A/RES/67/187
Annexe
Principes et lignes directrices des Nations Unies sur l’accès à
l’assistance juridique dans le système de justice pénale
A.
Introduction
1.
L’assistance juridique est une composante essentielle de toute justice pénale
équitable, humaine, efficace fondée sur la légalité. Elle est le fondement de la
jouissance d’autres droits, notamment le droit à un procès équitable, tel qu’il est
défini au paragraphe 1 de l’article 11 de la Déclaration universelle des droits de
l’homme1, le préalable à l’exercice de ces droits et une importante garantie de
l’équité fondamentale et de la confiance du public dans la justice pénale.
2.
En outre, aux termes de l’alinéa d du paragraphe 3 de l’article 14 du Pacte
international relatif aux droits civils et politiques2, toute personne a droit,
notamment, « à être présente au procès et à se défendre elle-même ou à avoir
l’assistance d’un défenseur de son choix ; si elle n’a pas de défenseur, à être
informée de son droit d’en avoir un, et, chaque fois que l’intérêt de la justice
l’exige, à se voir attribuer d’office un défenseur, sans frais, si elle n’a pas les
moyens de le rémunérer ».
3.
Un système d’assistance juridique qui fonctionne efficacement dans un
système de justice pénale efficace peut réduire non seulement la durée de la garde à
vue ou de la détention des suspects dans les postes de police et les centres de
détention, mais également la population et la surpopulation carcérales, les
condamnations par suite d’une erreur judiciaire, l’engorgement des tribunaux, ainsi
que le récidivisme et la revictimisation. Il permettrait également de protéger et de
préserver les droits des victimes et des témoins devant la justice pénale. L’assistance
juridique peut concourir à la prévention de la criminalité en faisant mieux connaître
le droit.
4.
L’assistance juridique contribue dans une mesure importante à faciliter la
déjudiciarisation et le recours à des sanctions et mesures d’intérêt général,
notamment des mesures non privatives de liberté ; à inciter les communautés à
s’investir davantage dans le système de justice pénale ; à raréfier le recours inutile à
la détention et à l’emprisonnement ; à rationaliser les politiques de justice pénale ; et
à garantir l’utilisation efficace des ressources publiques.
5.
Malheureusement, beaucoup de pays ne disposent pas encore des ressources et
capacités nécessaires pour fournir une assistance juridique aux suspects, aux
personnes accusées d’une infraction pénale, aux prisonniers, aux victimes et aux
témoins.
6.
S’inspirant des normes internationales et des bonnes pratiques reconnues, les
Principes et lignes directrices des Nations Unies sur l’accès à l’assistance juridique
dans le système de justice pénale se veulent un guide à l’usage des États sur les
principes fondamentaux devant fonder tout système national d’assistance juridique
en matière pénale et viennent préciser les éléments nécessaires à l’efficacité et à la
pérennité d’un tel système, afin d’élargir l’accès à l’assistance juridique
conformément à la résolution 2007/24 du Conseil économique et social, en date du
26 juillet 2007, intitulée « Coopération internationale en vue de l’amélioration de
l’accès à l’assistance juridique dans les systèmes de justice pénale, en particulier en
Afrique ».
4/23