A/HRC/RES/38/5
Conscient également que la violence à l’égard des femmes et des filles, y compris
dans les environnements numériques, est enracinée dans les inégalités structurelles qui ont
marqué les rapports de force entre hommes et femmes dans le monde à travers l’histoire, et
qui renforcent encore les stéréotypes sexistes et les obstacles au plein exercice par les
femmes et les filles de tous leurs droits, et que toutes les formes de violence à l’égard des
femmes et des filles constituent un obstacle majeur à leur participation pleine, égale et
effective à la vie sociale, à l’économie et à la prise de décisions politiques et individuelles,
ainsi qu’aux fonctions de direction, les privant de l’exercice et de la jouissance des droits de
l’homme et des libertés fondamentales,
Conscient en outre que la violence à l’égard des femmes et des filles est une
manifestation de l’inégalité des sexes et de la discrimination dont les femmes et les filles
font l’objet, et qu’elle peut faire obstacle à leur indépendance économique et entraîner des
coûts directs et indirects à court et à long terme pour les particuliers et la société, y compris
la perte de moyens de subsistance et un manque d’accès aux services financiers en ligne,
avec les répercussions psychologiques et physiques qui en découlent, et occasionner aussi
des dépenses supplémentaires au titre des soins de santé, des services juridiques, de l’aide
sociale et des services spécialisés,
Condamnant la diffusion des contenus qui mettent en avant et renforcent la violence
à l’égard des femmes et des filles, ce qui peut avoir pour effet une victimisation perpétuelle
et le renouvellement du traumatisme subi, du fait qu’une trace numérique permanente est
créée par le partage de contenus dans les environnements numériques,
Conscient des risques particuliers de violence auxquels sont exposées toutes les
femmes et les filles qui subissent des formes multiples et conjuguées de discrimination, et
soulignant qu’il faut d’urgence lutter contre toutes les formes de violence et de
discrimination à leur égard,
Condamnant fermement tous les actes de violence à l’égard des femmes et des filles
engagées dans la vie politique et publique, notamment les parlementaires, les candidates
politiques, les journalistes et les militantes des droits de l’homme,
Préoccupé par la discrimination institutionnelle et structurelle qui s’exerce à
l’encontre des femmes et des filles à travers les lois, politiques, règlements, programmes,
procédures ou structures administratives, services et pratiques qui restreignent directement
ou indirectement l’accès dans des conditions d’égalité aux technologies numériques, aux
services de santé, à l’éducation et à l’emploi, ce qui entrave l’autonomisation des femmes,
accroît leur vulnérabilité face à la violence et aggrave les violences subies,
Conscient de la nécessité de tenir compte des questions de genre et de promouvoir
l’engagement sans délai, plein et effectif des femmes et des filles dans la conception, la
mise au point et l’application des technologies numériques et des politiques, règlements et
lois connexes, dans le but de prévenir et d’éliminer la violence à l’égard des femmes et des
filles dans les environnements numériques,
Conscient également de la nécessité de consolider les partenariats entre toutes les
parties prenantes afin de renforcer la capacité des femmes de prendre pleinement part à la
société de l’information, notamment à la gouvernance électronique, lorsqu’elle existe et au
stade d’évolution où elle se trouve, et aux démarches participatives, et d’en tirer parti,
Conscient en outre que le caractère plurijuridictionnel et transnational de la violence
à l’égard des femmes et des filles dans les environnements numériques et l’utilisation et
l’adaptation continues des technologies numériques par les auteurs de cette violence pour
éviter d’être repérés et échapper aux enquêtes imposent une coopération active entre les
différents acteurs, notamment les États, leurs services de répression et leurs autorités
judiciaires, et le secteur privé pour ce qui est de déceler les infractions, de les signaler aux
autorités compétentes aux fins d’enquête, de préserver les preuves électroniques des délits
et de remettre les éléments de preuve auxdites autorités en temps utile,
1.
Exprime son indignation devant la persistance et le caractère généralisé de
toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles dans le monde entier ;
GE.18-11727
3
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