A/HRC/40/49
I. Introduction
1.
Le présent rapport, qui couvre la période allant de décembre 2017 à décembre 2018,
est soumis en application de la résolution 72/245 de l’Assemblée générale, par laquelle
l’Assemblée a prié la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants
en temps de conflit armé de présenter au Conseil des droits de l’homme un rapport sur les
activités menées dans le cadre de son mandat, notamment sur les visites qu’elle effectue sur
le terrain et sur les progrès réalisés et les obstacles restant à surmonter dans le cadre de
l’action menée en faveur des enfants touchés par un conflit armé. Dans le rapport, la
Représentante spéciale donne également des précisions sur les activités qu’elle a mises en
place comme suite à la demande que lui a faite l’Assemblée générale dans sa résolution
72/245 de renforcer sa coopération avec les États, les organes et organismes des Nations
Unies et les organisations régionales, en particulier sous-régionales, et d’accroître les
activités de sensibilisation du public, notamment par la collecte, l’évaluation et la diffusion
des meilleures pratiques et des enseignements tirés, conformément à son mandat.
II. Difficultés rencontrées et progrès accomplis
pour prévenir les violations graves
et y mettre un terme
2.
Alors que le monde a célébré le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration
universelle des droits de l’homme et le soixantième anniversaire de la Convention sur le
génocide et qu’il s’apprête à célébrer le trentième anniversaire de la Convention relative
aux droits de l’enfant, les droits énoncés dans ces documents clefs sont menacés. Partout
dans le monde, les enfants sont toujours touchés de façon disproportionnée par des conflits
prolongés et intenses, des pics cycliques de violence, des opérations de lutte contre
l’extrémisme violent et des activités transfrontières auxquelles se livrent des forces et
groupes armés. La déshumanisation des populations civiles par les parties aux conflits a
entraîné une augmentation des violations et un mépris flagrant du droit international.
3.
Dans un certain nombre de pays concernés par la question du sort des enfants en
temps de conflit armé, la poursuite des combats entre les parties pour plus de pouvoir ou de
territoire a eu un effet dévastateur sur la vie des enfants en 2018. En Afghanistan, en
République arabe syrienne et au Yémen, l’ONU a constaté qu’un grand nombre d’enfants
avaient été tués ou blessés, principalement lors d’opérations terrestres, de frappes aériennes
ou de tirs croisés entre les parties. La Représentante spéciale est particulièrement
préoccupée par le recours à des frappes aériennes par les gouvernements et les coalitions
internationales, qui tuent et blessent sans distinction des enfants. Au Soudan du Sud, durant
le premier semestre de 2018, les combats se sont poursuivis de façon très intense entre les
forces armées gouvernementales et les groupes armés, et toutes les parties au conflit se sont
livrées à de nombreuses et graves violations, les plus fréquentes étant le recrutement et
l’utilisation d’enfants, les meurtres et les coups et blessures, les viols et d’autres formes de
violence sexuelle. En Israël et dans l’État de Palestine, le nombre sans précédent de
violations commises contre des enfants à la suite des manifestations du premier semestre de
2018 est profondément préoccupant.
4.
En République arabe syrienne, l’on a signalé moins de cas de recrutement et
d’utilisation d’enfants par des groupes armés, tels que l’État islamique d’Iraq et du Levant
(EIIL), en 2018, principalement du fait que ces groupes avaient perdu des territoires qu’ils
contrôlaient, mais le nombre total de cas vérifiés reste élevé. Il a été signalé que les enfants
changeaient fréquemment de groupe armé et devenaient membres de celui qui prenait le
contrôle d’une zone. En Colombie, si le conflit a perdu en intensité, le désarmement des
Forces armées révolutionnaires de Colombie – Armée populaire (FARC-EP) et leur
transformation en parti politique, la présence de groupes armés non étatiques, comme des
groupes dissidents des FARC-EP, l’Armée de libération nationale et des groupes formés
après la démobilisation, a continué d’être une menace pour la protection des enfants,
entraînant un nouveau pic de meurtres et d’actes de violence, ainsi que de cas de
recrutement et d’utilisation d’enfants en 2018.
GE.18-22683
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