A/HRC/50/25 infligées par des enseignants ou par des représentants des autorités scolaires, ainsi que du fait qu’elles ne bénéficiaient en général d’aucune aide pour concilier fréquentation scolaire et militantisme. 4. Environnements hostiles 41. Certaines des militantes que le Groupe de travail a rencontrées ont fait état d’arrestations arbitraires, d’intimidations, de menaces de mort, d’enlèvements, d’activités de surveillance et d’espionnage, ainsi que d’un recours abusif à la législation antiterroriste destiné à réduire encore l’espace civique et à limiter leurs activités. Dans certains pays, « l’assignation à résidence », accompagnée de descentes occasionnelles au domicile, de menaces contre des membres de la famille et d’atteintes sexuelles, était utilisée comme moyen de contrôler et de restreindre l’action des militantes. Compte tenu du climat général d’intimidation, les jeunes militantes avaient parfois du mal à accéder aux groupes féministes et aux réseaux de protection, qui avaient tendance à limiter les nouvelles adhésions et les contacts avec des personnes extérieures par crainte des représailles. Comme l’a souligné une militante : « Il est important de faire comprendre aux gens que nous ne voulons pas créer de conflits ; nous voulons seulement dénoncer certains problèmes qui nous touchent, y mettre fin et défendre nos droits humains ». Il a également été fait référence à des campagnes de diffamation et d’atteinte à l’honneur et à la réputation, consistant à présenter les militantes comme des personnes n’ayant ni « sens moral », ni valeurs ou éthique et sabotant la culture et les traditions. Comme l’a souligné le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs et défenseuses des droits humains, les jeunes défenseuses peuvent être stigmatisées et ostracisées par des responsables locaux, des groupes confessionnels, leur famille, des voisins et des membres de communautés qui considèrent que leurs activités risquent de porter atteinte à la religion, à l’honneur et à la culture ou qu’elles menacent leur mode de vie35. 42. De plus, les filles et les jeunes femmes militantes font l’objet d’une surveillance qui peut prendre différentes formes et qui rend leurs activités encore plus difficiles. Leur famille, notamment les membres masculins, continuent d’exercer un contrôle sur ce qu’elles font dans la sphère publique, en surveillant notamment leur utilisation d’Internet et leur accès aux appareils numériques, ce qui réduit fortement leurs possibilités de participer librement à la vie publique et politique de la communauté et de la société dans lesquelles elles vivent. 43. En outre, de nombreuses militantes ont affirmé que les menaces et les risques auxquels elles faisaient face étaient à l’origine de problèmes de santé mentale, tels que l’épuisement et les troubles post-traumatiques. La prise en charge autonome et l’entraide jouaient un rôle déterminant, ce que devaient reconnaître au niveau institutionnel les organisations non gouvernementales (ONG) et les donateurs. Le manque de soutien psychologique faisait partie des entraves à l’instauration d’un environnement favorable. 5. Obstacles juridiques et administratifs et accès limité à la justice 44. Bon nombre de filles s’organisent de manière informelle du fait des obstacles qu’elles rencontrent lorsqu’elles tentent d’enregistrer leur organisation : procédure trop coûteuse, âge minimum ou obligation de posséder un compte bancaire36. Cela limite la capacité des filles et des jeunes femmes militantes de rechercher et de recevoir des fonds pour financer leurs activités, ce qui constitue l’une des principales entraves à leur action militante. 45. Dans certains cas, les filles se heurtent à des obstacles juridiques qui les empêchent d’exercer leur droit à la liberté de réunion, en raison de l’interdiction générale faite aux enfants de participer à des réunions publiques 37 . Quant aux filles et aux jeunes femmes handicapées, elles sont souvent aussi privées de leur capacité juridique et, même lorsqu’il n’y a pas de privation formelle, leur autonomie et leurs possibilités de participer à la vie publique et politique sont restreintes par des attitudes discriminatoires, comme l’infantilisation, et par leur dépendance à l’égard des autres, en particulier des membres de leur famille. 35 36 37 GE.22-06906 Voir A/HRC/40/60. Voir http://nostraightlines.youngfeministfund.org/. Voir A/HRC/26/29. 13

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