A/HRC/50/25
cohérent et intégré de politiques sociales et économiques visant la famille, la collectivité,
l’école et le lieu de travail, associé à des garanties entourant les droits des filles et des
jeunes femmes à la liberté d’expression, de réunion et d’association. La santé physique
et mentale de ces dernières et la viabilité économique de leurs activités individuelles et
collectives sont essentielles à leur développement et à leur capacité à s’épanouir.
74.
Les États et l’ensemble des parties prenantes doivent prendre des mesures ciblées
pour s’attaquer aux causes profondes des nombreux obstacles que rencontrent les filles
et les jeunes femmes qui essaient de contribuer à des démarches porteuses de
changement. L’adoption d’une approche globale fondée sur les droits humains, qui soit
centrée sur les droits de l’enfant tout en tenant compte des questions de genre et en
étant intersectionnelle, est essentielle pour garantir un environnement propice au
militantisme des filles et des jeunes femmes. Comme cela a été dit au Groupe de travail
pendant les consultations : « Les autorités devraient davantage aider les jeunes
militantes à se faire entendre ; plutôt que d’être réduites au silence ou étouffées, leurs
voix devraient servir à motiver d’autres personnes à agir et à insuffler des
changements ».
B.
Recommandations
75.
Les États devraient prendre toutes les mesures appropriées pour créer des
espaces sûrs et favorables où les filles et les jeunes femmes militantes pourraient mener
leurs activités et exprimer leurs opinions librement, dans des conditions d’égalité avec
les autres, pleinement et utilement sur toutes les questions qui les concernent. À cet
effet, les États devraient :
a)
Mettre en place des systèmes efficaces pour protéger les filles et les jeunes
femmes militantes contre toute forme de discrimination, d’intimidation ou de
représailles, que ce soit dans la sphère privée ou dans la sphère publique, et veiller à ce
que les mesures de protection ne soient pas utilisées pour restreindre leur champ
d’action ;
b)
Encourager, soutenir et former les familles, les pourvoyeurs de soins, les
communautés, les éducateurs et les établissements d’enseignement des filles et des
jeunes femmes militantes, ainsi que les magistrats, les fonctionnaires et les autres
professionnels concernés, afin qu’ils puissent contribuer à appuyer, protéger et aider
toutes les filles et toutes les jeunes militantes, de sorte qu’elles jouissent de leur
autonomie et de leur liberté d’action et exercent leurs droits civils et politiques en toute
sécurité ;
c)
Soutenir les filles et les jeunes femmes militantes qui dirigent des
mouvements et leur permettre de poursuivre et de renforcer leur action militante, en
investissant dans la formation de réseaux et d’associations dirigés par des filles et des
jeunes féministes et en créant des structures et des mécanismes participatifs qui leur
permettent d’influer sur les processus d’élaboration des politiques et des normes ;
d)
Veiller à ce que les cadres juridiques nationaux reconnaissent les filles et
les jeunes femmes militantes et leur permettent d’agir librement et en toute sécurité, à
l’abri de toute discrimination. Pour cela, il faudrait notamment :
i)
Supprimer les lois et les pratiques qui perpétuent la discrimination à
l’échelle de la famille, de la collectivité et des institutions, afin de permettre aux
filles et aux jeunes femmes militantes de jouir de leur autonomie et de leur liberté
d’action, en tenant compte de leur âge et de leur niveau de maturité ;
ii)
Éliminer les obstacles juridiques facteurs de discrimination fondée sur
l’âge, qui empêchent les filles et les jeunes femmes d’exercer leurs droits civils et
politiques, en veillant à ce que toute restriction soit conforme au droit
international des droits de l’homme et en envisageant d’abaisser l’âge minimum
requis pour enregistrer une association et ouvrir un compte bancaire ;
20
GE.22-06906
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