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individus et groupes les moyens de défendre leurs droits avec force et efficacité. Nous
n’en aurons véritablement fini avec la COVID-19 que lorsqu’elle sera éradiquée dans
tous les pays et dans toutes les populations du mon de.
65. Malgré les progrès considérables réalisés sur le plan médical et technologique
au cours des dernières décennies, de profondes inégalités sanitaires fondées sur la
race subsistent. Des études montrent que le stress chronique lié au racisme quotidien
contribue au vieillissement prématuré par effet d’usure. De plus, ces inégalités sont
rarement perceptibles en l’absence de données ventilées par race. Il a ainsi fallu de
nombreuses années pour actualiser les protocoles de traitement de l’hypert ension chez
les personnes d’ascendance africaine, et cela n’a été possible que grâce à des données
ventilées.
66. La méfiance des personnes d’ascendance africaine envers le système de santé
est le fruit de plusieurs siècles de négligence, de maltraitance et d’ exploitation, ainsi
que de préjugés, d’inégalités, d’iniquités et de discriminations dont nous prenons
aujourd’hui la mesure.
67. Des travaux de recherche ont établi que le personnel soignant avait des préjugés
raciaux, en particulier en période de stress, ce qui se traduisait par des attitudes
relativement positives à l’égard des patients blancs et, à l’inverse, des comportements
négatifs envers les patients noirs.
68. La surveillance numérique, les contrôles et la reconnaissance faciale auxquels
ont recours les innovations sanitaires peuvent perpétuer le racisme, et donc l’intégrer
dans les technologies médicales. Si rien n’est fait, les diagnostics, enquêtes, analyses
et algorithmes relatifs aux soins de santé risquent d’être faussés. Aux États -Unis, un
algorithme largement utilisé par les systèmes de santé a ainsi sous-estimé
considérablement les besoins des patients noirs souffrant des maladies chroniques les
plus graves, en raison de leur race, aggravant plus encore les inégalités raciales en
matière de traitement.
69. Les agressions perpétrées contre les défenseurs des droits de l’homme, en
particulier d’ascendance africaine, se sont multipliées pendant la pandémie. Des
femmes qui militent pour la santé en matière de procréation, pour l’éducation sexuelle
et pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queers et intersexes
(LGBTQI) ont été prises pour cible et menacées de mort. Les violences faites aux
femmes, en particulier aux femmes noires, ont augmenté durant la pandémie de
COVID-19, ce qui est d’autant plus grave que 70 % de la population noire est
tributaire du système public de santé. La COVID-19 a une incidence démesurée sur
les personnes en situation de vulnérabilité et creuse les inégalités préexistantes. Les
États ont le devoir de donner l’impulsion politique nécessaire, de faire du respect de
la dignité humaine une priorité et de suivre, dans toute leur action, une approche
fondée sur les droits de l’homme.
70. Il est essentiel de rendre compte de l’histoire de la lutte des Africains et des
personnes d’ascendance africaine, et notamment de la part qu’y ont pris les agences
des Nations Unies. Il est ainsi frappant de constater qu’entre 1945 et 1965, la Cour
internationale de Justice n’a émis aucun avis consultatif sur la question des lois Jim
Crow alors qu’elle l’a fait pour l’apartheid pratiqué en Afrique du Sud. De même, le
refus des Nations Unies de se saisir des revendications formulées par les personnes
d’ascendance africaine aux États-Unis témoigne de la difficulté pour le système
onusien d’aborder les questions de race indépendamment de l’identité nationale.
71. Le droit à réparation est un droit fondamental, reconnu au niveau international.
Pourtant, les réparations dont devraient bénéficier les personnes d’ascendance
africaine pour le commerce et la traite des Africains réduits en esclavage et les
pratiques colonialistes reste un sujet controversé dans de nombreuses instances. Les
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