A/76/302 pratiques qui affectent un nombre démesuré de personnes d’ascendance africaine et portent fréquemment atteinte aux droits de l’homme. 89. Les États doivent investir en proportion de leurs moyens dans les soins de santé, le logement, les unités de santé mentale et autres biens, services et aménagements publics, et ne plus en appeler au système judiciaire pénal po ur faire de la prison un lieu de prise en charge globale « prêt à l’emploi » et une « solution toute faite ». 90. Les États doivent explicitement reconnaître l’existence du problème que constituent les incarcérations massives de personnes d’ascendance africaine et indiquer leur intention de le combattre dans le cadre de la lutte contre le racisme systémique, et de contrer les effets qui s’en ressentent pour ces personnes dans les décisions et débats portant sur les questions de réparation et de restitution. 91. Les États devraient lever les obstacles juridiques à l’enregistrement ou à la diffusion de vidéos laissant apparaître des comportements des forces de l’ordre dans la sphère publique. 92. Les États doivent collecter, compiler, analyser, diffuser et publier des données statistiques fiables, ventilées par race et par ethnie, conformément à une approche fondée sur les droits de l’homme. Ils devraient prendre et soutenir d’autres mesures, telles que des procédures d’audit, la mise en place d’observatoires et la réalisation d’études sur les disparités raciales, de façon à mieux comprendre ces dernières et à élaborer des politiques plus éclairées en matière d’égalité et de possibilités offertes aux personnes d’ascendance africaine. 93. Les États doivent encourager la production et la diffusion de connaissances sur les contributions historiques des personnes d’ascendance africaine ainsi que sur les périodes d’esclavage et de colonialisme. Ils pourraient à cet effet contribuer financièrement à la constitution d’archives et de données primaires, et en faciliter l’accès ; ils pourraient également s’attacher à revoir et modifier les manuels et programmes scolaires. 94. Il convient d’appuyer les efforts et initiatives déployés au niveau local et au plan mondial par la société civile pour dénoncer et éradiquer le racisme structurel, notamment en leur allouant les moyens financiers et en leur assurant une reconnaissance publique. Les États doivent protéger ceux qui combattent le racisme, notamment les défenseurs des droits de l’homme, contre les pratiques d’intimidation, la mise sous surveillance, les représailles, le harcèlement et les agressions. 95. Les États devraient renforcer leur engagement en faveur des objectifs et des priorités de la Décennie. L’examen à mi-parcours de la Décennie est l’occasion pour les États Membres de démontrer leur détermination à lutter contre l’injustice raciale. 96. Le Groupe de travail demande de nouveau à tous les États de mettre pleinement et effectivement en œuvre la Déclaration et le Programme d’action de Durban ; il leur demande également d’adopter et d’appliquer sans délai un vaste plan d’action national pour lutter contre le racisme en renforçant les institutions nationales, les moyens législatifs et l’administration de la justice, et en mettant sur pied des organes nationaux compétents pour enquêter de manière adéquate sur les allégations de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie ou de l’intolérance qui y est associée. 97. L’omniprésence du racisme, de la discrimination structurelle, de l’afrophobie et de l’intolérance qui y est associée constitue un sérieux obstacle à la réalisation des objectifs de développement durable. Le Groupe de travail 21-11641 25/26

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