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efficacement à l’injustice raciale et au racisme structurel qui semblent admis lorsque
le monde est en proie à l’incertitude, à l’instabilité et à la peur.
11. La Directrice générale et fondatrice de Advancing Health Equity, Uché
Blackstock, considère les inégalités à raison de la race que l’on observe en matière de
santé aux États-Unis comme un symptôme profondément ancré de racisme et de
suprématie blanche. Notant que les Noirs américains ont l’espérance de vie la plus
courte et les taux de mortalité infantile et maternelle les plus élevés, elle évoque
ensuite les facteurs qui expliquent pourquoi les communautés noires ont payé le plus
lourd tribut en termes de décès dus à la COVID-19, à savoir notamment la présence
disproportionnée de travailleurs essentiels d’origine africaine et le fait que cette
communauté soit fortement tributaire des transports publics, le manque d’accès à des
services de dépistage et de santé de bonne qualité, ainsi que le nombre plus important
d’affections chroniques chez les personnes d’ascendance africaine. Le docteur
Blackstock est également préoccupée par l’existence attestée de partis pris et
comportements négatifs inconscients de la part des soignants envers les patients noirs,
ainsi que par les algorithmes racialement biaisés qu’utilisent les systèmes de soins de
santé. Le stress chronique lié au racisme quotidien a, selon l’intervenante, des effets
concrets sur l’espérance de vie et la santé, et accentue la méfiance des Noirs
américains à l’égard du système sanitaire. Ces manifestations de racisme structurel
appellent à modifier en profondeur les principaux détermi nants sociaux de la santé,
en particulier l’accès à un logement sûr et adéquat, à un emploi rémunéré, à une
éducation de qualité, à une alimentation saine et à des soins de santé.
12. La Rapporteuse spéciale sur le droit qu’a toute personne de jouir du meilleu r
état de santé physique et mentale possible, Tlaleng Mofokeng, rebondit sur la question
du racisme structurel en tant que cause fondamentale des disparités en matière de
santé. Elle évoque la vulnérabilité particulière des personnes d’origine africaine à la
COVID-19, conséquence directe de systèmes ancrés dans des pratiques
discriminatoires qui répartissent obstinément les ressources, le pouvoir et les
opportunités en fonction de critères raciaux. La réduction des inégalités structurelles
en matière de santé passe par la remise en cause du racisme systémique et de la
répartition inégale du pouvoir au sein de la société. Elle souligne combien il est
important d’adopter ici une approche intersectionnelle et rappelle que le droit
fondamental au meilleur état de santé physique et mentale possible est
inextricablement lié aux autres droits de l’homme. Elle dit craindre également que les
technologies nouvelles dans le domaine de la santé ne soient racialement biaisées,
pointe du doigt les obstacles auxquels sont confrontées les femmes d’ascendance
africaine dans l’exercice de leurs droits en matière de sexualité et de procréation et
note la forte exposition à la pollution que subissent de nombreuses personnes
d’ascendance africaine dans le monde. S’agissant de la pandémie de COVID-19, elle
estime qu’il conviendrait de prévoir un financement plus important et plus équitable
des systèmes de santé, et insiste sur l’obligation qu’ont les États de garantir la
sécurité, la disponibilité et l’accessibilité des vaccins et traitements contre la COVID19, lesquels doivent en outre être d’un coût abordable.
13. M. Reid souligne, au cours du débat entre les participants à la table ronde, que
l’impact du racisme systémique sur la situation sanitaire des personnes d’ascendance
africaine trouve ses racines historiques dans l’état nutritionnel et la détresse
émotionnelle qu’ont connus les Africains réduits en esclavage. En réponse à une
question posée par un membre du Groupe de travail, Ricardo A. Sunga III, le docteur
Blackstock indique qu’il lui paraît important de tenir compte des critères de
vulnérabilité, tels que la race et l’ethnicité, lors de la distribution du vaccin contre la
COVID-19 afin d’assurer sa répartition équitable dans et entre les pays. La
Rapporteuse spéciale sur le droit à la santé s’inquiète de ce que certains États risquent
de s’employer à faire vacciner leurs propres citoyens, au détriment des populations
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